Fermées depuis plusieurs années pour des raisons de sécurité, les célèbres gorges de la Save rouvrent partiellement au public ce jeudi 28 mai 2026. Après plusieurs mois de travaux et une vive polémique autour de l’avenir du site, promeneurs et cyclistes peuvent de nouveau accéder à ce joyau naturel de Haute-Garonne… mais sous certaines conditions.
C’est l’un des sites naturels les plus spectaculaires et les plus sensibles de Haute-Garonne. Situées entre Montmaurin et Lespugue, les gorges de la Save étaient devenues, au fil des années, le symbole d’un bras de fer entre sécurité, protection de l’environnement et accès au public. Depuis ce jeudi 28 mai, une partie du site est finalement de nouveau accessible aux visiteurs.
Après plusieurs années de fermeture totale, les piétons et les cyclistes peuvent désormais emprunter un premier tronçon sécurisé de 600 mètres. Une réouverture très attendue par les habitants, les randonneurs et les amoureux du site, fermé progressivement depuis 2015.
Un site fermé depuis des années
L’histoire récente des gorges de la Save ressemble à un long feuilleton. Traversé autrefois par une route départementale, ce site naturel classé appartient au Département depuis les années 1950. Mais avec le temps, les risques géologiques se sont multipliés.
Dès 2015, la circulation automobile avait été interdite. Puis, en 2018, les piétons eux-mêmes avaient été exclus du secteur après plusieurs expertises évoquant des risques importants de chutes de pierres, de glissements de terrain ou encore de chutes d’arbres. Pendant plusieurs années, le site est donc resté totalement inaccessible.
Une fermeture qui avait provoqué une forte incompréhension chez de nombreux riverains et promeneurs, très attachés à ce décor naturel spectaculaire encaissé entre falaises et forêt.
Une pétition et une forte mobilisation locale
Face à cette fermeture prolongée, un collectif citoyen s’était progressivement structuré autour de la défense des gorges.
Le Collectif de Sauvegarde des Gorges de la Save avait notamment lancé une pétition demandant la réouverture du site sous forme de sentier de randonnée, avec une logique de responsabilisation des visiteurs. La mobilisation avait recueilli plus de 800 signatures.
« Je sais combien cette réouverture, même partielle, est attendue », reconnaissait d’ailleurs en janvier dernier le président du Conseil départemental Sébastien Vincini lors du lancement du chantier.
« Promesse tenue », assure Sébastien Vincini
Cette semaine, le président du Département s’est rendu sur place pour constater la fin des travaux du premier tronçon. « Gorges de la Save : promesse tenue ! », a-t-il écrit dans une publication diffusée après sa visite du chantier.
« Ces travaux de sécurisation étaient nécessaires pour protéger les usagers contre les chutes de pierres, les glissements de terrain, pour consolider les falaises. Une condition indispensable pour que chacun puisse profiter pleinement de ce joyau haut-garonnais en toute sécurité », affirme Sébastien Vincini.
Mais derrière cette réouverture se cache aussi une réalité beaucoup plus complexe.
Des travaux délicats au cœur d’un site fragile
Entre janvier et avril 2026, les équipes techniques ont mené un important chantier de sécurisation sur cette première portion désormais accessible. Le site étant particulièrement escarpé et fragile, les interventions ont dû être réalisées avec de fortes contraintes environnementales et patrimoniales.
Des filets de protection ont été installés sur certaines falaises, des roches instables retirées manuellement et plusieurs zones consolidées grâce à des ancrages métalliques injectés dans la roche. Au total, plus de trente secteurs considérés comme instables ont été identifiés sur cette première portion.
« J’ai une obligation juridique et pénale d’assurer la sécurité des personnes et des biens », rappelle également Sébastien Vincini. Le président du Département insiste sur le fait que les expertises géologiques restent très claires : certaines parties des gorges demeurent exposées à des risques naturels importants.
Un chantier qui avait suscité des inquiétudes
Lors du lancement des travaux en janvier dernier, certains défenseurs du site avaient toutefois exprimé leurs inquiétudes concernant les interventions engagées dans les gorges. Le Collectif de Sauvegarde des Gorges de la Save craignait notamment l’impact des grillages, des filets métalliques ou des opérations de purge rocheuse sur ce qu’il considère comme un « petit paradis naturel ».
Plusieurs habitants redoutaient également une transformation trop importante du paysage au nom de la sécurisation.
Le Département, lui, assure avoir travaillé sous contrôle strict des services environnementaux, patrimoniaux et archéologiques de l’État afin de limiter au maximum l’impact des travaux. Des études spécifiques sur la faune et la flore locales ont également été réalisées avant le chantier.
Un accès réservé aux mobilités douces
Autre changement important : la route ne rouvrira pas aux voitures. Le site est désormais réservé exclusivement aux piétons et aux cyclistes. Une orientation qui marque une vraie évolution dans la manière d’envisager l’avenir des gorges de la Save.
Le Département assume désormais une logique davantage tournée vers le tourisme durable et les mobilités douces plutôt qu’un retour à la circulation automobile. Pour beaucoup d’habitants, cette décision pourrait même redonner une autre dimension au site.
Après des années de fermeture et de tensions, les gorges de la Save retrouvent donc enfin des visiteurs. Mais le dossier est loin d’être totalement refermé. Les études se poursuivent encore sur les autres portions des 2,3 kilomètres du site afin d’évaluer d’éventuels futurs travaux et de possibles nouvelles réouvertures dans les années à venir.










