Dans le Sud-Ouest de la métropole toulousaine, le projet routier PIMSOT, ou Boulevard urbain Ouest, visant à connecter plusieurs secteurs et notamment à créer un contournement de Saint-Simon, refait débat après les Municipales. Aurélien Andreu-Seigné, le nouveau maire de Cugnaux, étant un fervent défenseur du programme. De son côté, le collectif Axe vert de la Ramée dénonce un projet inutile provoquant un trafic induit dans les communes concernées ainsi que l’impact écologique de cette infrastructure.
C’est un projet qui divise, depuis longtemps déjà. Lancé dans les années 1970, le Projet d’Infrastructure de Mobilités du Sud-Ouest Toulousain, ou PIMSOT (anciennement BUC SM), vise à créer de nouveaux axes routiers dans l’Ouest toulousain. Plus précisément, à relier la RN124, à hauteur de la Salvetat-Saint-Gilles, à Cugnaux, puis à l’A64 via un nouvel échangeur à Portet-sur-Garonne.
« L’ensemble du projet représenterait environ 25 kilomètres de routes sur quelque 50 hectares, et 320 millions d’euros d’investissement », rappelle Sébastien Aubry, membre du collectif Axe vert de la Ramée, opposé à ce boulevard urbain. La première phase concernerait la liaison entre l’A64 (avec la création un nouvel échangeur) et la rocade Arc-en-Ciel, en passant par Cugnaux et Francazal, un secteur en plein développement.
Un projet routier inutile ?
Le collectif, composé de 12 associations, dénonce principalement deux points. Dans un premier temps, l’impact écologique : « C’est une atteinte grave à l’environnement, parce que ce projet serait situé en bordure immédiate du parc de la Ramée, l’un des derniers espaces verts de cette taille dans le secteur. L’emprise du chantier se trouve sur l’ancienne forêt de la Ramée, où des naturalistes de la Société botanique de France font régulièrement des recensements de faune et qui ont identifié 72 espèces protégées à cet endroit », explique Sébastien Aubry. Au total, selon lui, 9 hectares d’espace vert seraient retirés.
Dans un second temps, le collectif Axe vert de la Ramée dénonce le “trafic induit” par « ce projet totalement inutile » : A chaque fois qu’une nouvelle route est construite, elle est très vite saturée. Et, non seulement elle est saturée, mais elle attire aussi un nouveau trafic. Il en sera de même pour cette liaison entre la rocade Arc-en-Ciel et l’A64, qui génèrera de nouvelles circulations ».
Un projet nécessaire au développement économique ?
Aurélien Andreu-Seigné, le nouveau maire de Cugnaux, partisan de ce projet, y voit lui, une utilité certaine, notamment pour le secteur de Francazal : « Le PIMSOT est principalement pensé en vue du développement économique de cette zone. Aujourd’hui, nous recensons à peu près 1 000 emplois sur ce site. À terme, il y en aura 3 000. Et l’on ne peut pas créer 3 000 emplois avec les infrastructures actuelles », explique-t-il.
Quant aux arguments écologiques du collectif Axe vert de la Ramée, le maire de la commune de plus de 20 000 habitants les balaye : « Je précise d’abord que La Ramée n’est absolument pas touchée par ce projet. De plus, ce dernier prévoit l’ouverture de la Voie du Canal Saint-Martory (VCSM), actuellement voie de bus en site propre, à la circulation des véhicules. Un scénario qui ne fait donc que modifier l’usage de cette route existante, qui a déjà consommé l’espace vert en question. Enfin, il faudra aussi faire passer le Réseau Express Vélo, qui lui aussi, va consommer de l’espace vert, sur quatre mètres de large. »
Le PIMSOT en complément des transports en commun ?
Mais pour les opposants au projet, le réaménagement de certains axes routiers existants ne compense pas l’impact de la création des nouvelles routes prévues. Alors, pour désengorger le Sud-Ouest toulousain, le collectif Axe vert de la Ramée prône les transports en commun. Sébastien Aubry : « Nous soutenons la réalisation du RER toulousain, qui permettrait de garantir des trains cadencés, donc fréquents, de tôt le matin à tard le soir. L’idée étant d’utiliser les voies de train existantes, et de créer de nouvelles haltes comme à l’Oncopole, au centre commercial de Portet, ou à celui de Roques, pour mieux mailler le territoire. Il faudrait ajouter à cela un réseau de bus plus dense, qui couvrent des zones actuellement non-desservies. » Pour le collectif, c’est donc par les transports en commun que la saturation de la circulation devrait se faire, non par l’accroissement du réseau routier.
Une réflexion à laquelle le maire de Cugnaux n’est pas réfractaire : « Nous sommes favorables aux transports en commun et la présence d’un réseau ferré sur notre territoire est une réelle opportunité », concède Aurélien Andreu-Seigné, qui se dit d’ailleurs pour la mise en place d’une billetterie unique entre la SNCF et Tisséo. Cependant, il nuance : « Comment rejoindre la gare de Portet-Saint-Simon ou les potentielles haltes supplémentaires ? Et que faire du trafic arrivant de l’A64, axe structurant dont on ne peut stopper le débit ? » Selon l’élu, le PIMSOT apporterait les solutions nécessaires, en complémentarité avec les transports en commun, « Cugnaux étant d’ailleurs très mal lotie en la matière ! »
Nathan Cauquil













