Le comité « loup et activités d’élevage » s’est réuni dans le Lot pour faire le point sur la situation. À ce stade, la présence du loup n’est pas confirmée dans le département, mais 129 communes restent classées en zone de prédation, permettant aux éleveurs d’accéder à des aides renforcées jusqu’au 31 juillet.
Le loup est-il présent dans le Lot ? Pour l’instant, les autorités restent prudentes. Le comité « loup et activités d’élevage » s’est réuni le 19 juin sous la présidence de Julia Le Fur, directrice de cabinet de la préfecture du Lot, afin de faire le point sur la situation et les mesures de protection proposées aux éleveurs.
Depuis le début de l’année 2026, un seul constat de dommages sur troupeau n’a pas permis d’écarter la responsabilité du loup. Mais aucun élément tangible ne permet, à ce stade, de confirmer sa présence dans le département. La préfecture appelle toutefois les éleveurs à rester vigilants. Tout dommage constaté sur un troupeau doit être signalé immédiatement au numéro unique joignable 24h/24 : 06 61 65 73 81.
129 communes classées en zone de prédation
Même si la présence du loup n’est pas confirmée, une partie importante du Lot reste concernée par les dispositifs de protection. Au total, 129 communes sont classées en cercle 2, c’est-à-dire en zone de prédation. Ce classement permet aux éleveurs ovins et caprins situés dans ces communes de bénéficier d’un panel d’aides renforcées pour protéger leurs troupeaux.
La préfecture prévient toutefois que cette zone d’éligibilité pourrait être fortement réduite en fin d’année si aucune prédation n’est confirmée. Les éleveurs concernés sont donc invités à déposer rapidement leurs demandes. L’appel à projets 2026 est ouvert jusqu’au 31 juillet inclus.
Chiens de protection, clôtures, études : quelles aides possibles ?
Tous les éleveurs ovins et caprins du département peuvent bénéficier d’aides de l’État pour les chiens de protection. Ces aides peuvent financer l’acquisition d’un chien, son entretien, sa stérilisation, des tests de comportement ou encore un accompagnement technique. Pour les éleveurs situés dans les 129 communes classées en cercle 2, les aides vont plus loin. Ils peuvent notamment obtenir un financement à hauteur de 80 % pour des clôtures électrifiées.
Les études de vulnérabilité de l’exploitation peuvent, elles, être prises en charge à 100 %. L’accompagnement technique peut également être financé intégralement. Ces dispositifs visent à anticiper les risques de prédation et à limiter les attaques sur les troupeaux, notamment dans les élevages ovins et caprins.
Qui peut demander ces aides ?
L’aide à la protection des troupeaux contre la prédation est ouverte à plusieurs catégories de bénéficiaires. Les agriculteurs peuvent déposer une demande, à titre individuel ou en société. Les groupements pastoraux, associations d’éleveurs, associations foncières pastorales, commissions syndicales gestionnaires d’estives, collectivités territoriales et groupements d’employeurs peuvent également être concernés. Un numéro SIRET est obligatoire pour déposer un dossier.
Les demandeurs doivent détenir un troupeau d’ovins ou de caprins. L’aide concerne les troupeaux composés d’au moins 25 animaux reproducteurs détenus en propriété, ou d’au moins 50 animaux reproducteurs détenus en pension, en partie ou en totalité.
Comment déposer un dossier ?
Les demandes se font via le téléservice Safran. Chaque demandeur ne peut déposer qu’un seul projet. L’appel à projets 2026 couvre les actions menées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026. Les dossiers doivent être déposés avant le 31 juillet 2026 à minuit.
En cas de difficulté, il est également possible de remplir un formulaire papier et de l’adresser à la Direction départementale des territoires du Lot. La préfecture invite les éleveurs concernés à ne pas attendre, surtout dans les communes actuellement classées en cercle 2, car le périmètre pourrait évoluer à la baisse en fin d’année.
Le loup reste une espèce protégée
La préfecture rappelle aussi que le statut du loup a évolué avec l’arrêté ministériel du 23 février 2026. Le loup reste une espèce protégée. Toutefois, des dérogations permettent, dans certaines conditions, d’autoriser des tirs de défense lorsque des élevages subissent des attaques.
Ces tirs sont encadrés et gradués selon l’importance et la répétition des dommages. Ils doivent aussi respecter le quota national de prélèvements fixé pour garantir la conservation de l’espèce. Dans le Lot, les déclarations préalables au tir de défense ne sont possibles que pour les éleveurs ovins et caprins des 129 communes classées en cercle 2.
Une vigilance maintenue dans le Lot
Lors de la réunion du 19 juin, l’association Ferus a également présenté le bilan du dispositif Pastoraloup, mis en place dans des départements limitrophes. Ce dispositif vise à aider les éleveurs à surveiller leurs troupeaux en zone de prédation. Le comité « loup et activités d’élevage » doit se réunir à nouveau au prochain semestre. Une nouvelle réunion pourra aussi être organisée plus tôt si la situation évolue.
Dans l’immédiat, le message de la préfecture est double : la présence du loup n’est pas confirmée dans le Lot, mais les éleveurs doivent rester vigilants et saisir les aides disponibles tant qu’elles sont ouvertes.











