Depuis le lundi 13 juillet et jusqu’au dimanche 30 août 2026, sept stations du tronçon sud de la ligne B du métro de Toulouse sont fermées. En cause : les travaux de prolongement de la ligne vers Labège, qui entrent dans une phase décisive. Pour les usagers concernés, Tisséo a mis en place des alternatives, mais la vraie question reste celle du retour à la normale, et de ce qui attend la ligne B au-delà de cet été.
Sept stations fermées, un tronçon nord préservé
C’est le sud de la ligne B qui est mis à l’arrêt. Depuis le 13 juillet, les stations Empalot, Saint-Agne SNCF, Saouzelong, Rangueil, Faculté de Pharmacie, Université Paul Sabatier et Ramonville ne sont plus desservies par le métro. Le tronçon nord, lui, fonctionne normalement : les rames circulent sans interruption entre Borderouge et Saint-Michel Marcel Langer, où elles font demi-tour tout l’été.
Les dates n’ont pas été choisies au hasard. Christine Chary, directrice clientèle chez Tisséo Voyageurs, confirme que juillet et août correspondent à une période où la fréquentation est nettement réduite sur ces stations, ce qui en fait la fenêtre la moins pénalisante pour un chantier de cette envergure. Cela ne suffit pas à effacer la contrainte pour ceux qui empruntent quotidiennement ce tronçon, mais cela limite l’impact pour le plus grand nombre.
Une phase cruciale pour le prolongement vers Labège
Derrière cette fermeture se joue un moment clé du projet Connexion Ligne B. L’objectif est de raccorder physiquement la ligne B actuelle à son futur prolongement, au niveau de la station Ramonville. Pour ce faire, il faut intervenir dans ce qu’on appelle la zone d’arrière-gare, l’espace qui sert aujourd’hui à opérer les demi-tours et à stocker les rames. Richard Henry, directeur projets chez Tisséo Ingénierie, résume l’enjeu : « on entre dans une phase cruciale avec la connexion. » Concrètement, cela implique de casser le mur qui ferme actuellement le terminus, puisque c’est là que se trouve le point de jonction avec le futur tunnel.
Le chantier dure un mois et demi car il comprend plusieurs étapes successives, dont aucune ne peut être anticipée sans que la précédente soit achevée. Tisséo a profité de cette fermeture partielle pour y greffer une autre opération : le remplacement des escaliers mécaniques des stations Empalot et Université Paul Sabatier, les deux dernières de la ligne B à ne pas encore avoir été rénovées dans ce cadre. Selon Tisséo, cette mutualisation permet d’éviter trois semaines de fermeture supplémentaire par station.
Comment se déplacer jusqu’au 30 août ?
Pour assurer la continuité des déplacements, Tisséo a conçu deux solutions complémentaires. La première est une navette directe reliant Ramonville à Palais de Justice en une vingtaine de minutes, avec des arrêts à Université Paul Sabatier, Saint-Agne SNCF et Saint-Michel Marcel Langer. En semaine aux heures de pointe, cette navette passe toutes les cinq minutes, ce qui représente une fréquence comparable à celle du métro en heure creuse. Le week-end, l’intervalle varie entre sept et quinze minutes.
La seconde option est la ligne de bus 44, prolongée jusqu’à Ramonville et desservant les arrêts Saouzelong, Rangueil et Faculté de Pharmacie toutes les dix minutes aux heures de pointe. Comptez une trentaine de minutes pour rallier les Carmes depuis Ramonville par ce biais. Ce n’est pas le confort du métro, mais le réseau de substitution a été dimensionné pour absorber le report de voyageurs attendu pendant toute la durée des travaux.
Le 1er septembre : retour à la normale, avant une ligne transformée
La reprise du service complet sur l’ensemble de la ligne B est prévue pour le 1er septembre 2026. Dès cette date, les sept stations fermées cet été retrouveront leur fonctionnement habituel, et les rames recommenceront à circuler sur l’intégralité du tracé entre Ramonville et Borderouge.
Mais la vraie transformation, c’est pour 2027 qu’il faut l’attendre. Comme nous vous le disions, la pose des rails du prolongement a été achevée le 29 juillet, ce qui marque l’entrée dans la dernière phase avant les essais techniques. Une marche à blanc est prévue durant l’été 2027, avant une mise en service commerciale attendue fin 2027. À cette échéance, la ligne B s’étendra sur 2,7 kilomètres supplémentaires, desservant deux nouvelles stations : Parc du Canal, aérienne, au cœur du parc technologique côté Ramonville, et Labège Madron, terminus mutualisé avec la future ligne C du métro toulousain, attendue pour 2028.
Pour les habitants du sud-est de la métropole, les salariés du secteur de Labège et les étudiants du campus de Rangueil, l’horizon est donc celui d’une ligne B plus longue, mieux connectée, et capable de desservir des zones aujourd’hui entièrement dépendantes de la voiture. Quelques semaines d’inconfort cet été, pour une infrastructure qui va changer la donne bien au-delà de Toulouse.






