Sur le site Fibre Excellence de Saint-Gaudens, bloqué depuis lundi dernier par des rondins de bois, des camions et des engins, des salariés finissent de manger. D’autres boivent un coup ou mangent une glace, alors qu’un enfant sort de la piscine installée devant les grilles d’entrée pour supporter la chaleur des derniers jours. « On s’adapte, par la force des choses. On a aussi aménagé un terrain de pétanque. C’est une petite vie que l’on a recréée, avec beaucoup de convivialité. Il ne faut pas perdre ça », assure Franck, qui travaille ici depuis 5 ans en 3 x 8 et se réjouit de voir des gens qu’il ne croise pas souvent.
Mais en ce début d’après-midi, quelques heures après la décision du tribunal de commerce de Toulouse de rejeter l’offre de reprise de Matthieu Pigasse, jugée « irrecevable », l’inquiétude est bien présente, malgré les sourires et la camaraderie évidente entre les salariés. Pour Nicolas Bruel, représentant du personnel CGT du site, l’issue était prévisible. « Après le discours de Roland Lescure et le mépris affiché envers Pigasse, qui voulait sauver un fleuron français, on avait compris que ce ne serait pas accepté. »











