Le 21 septembre 2001, à 10h17 précises, le temps s’est figé à Toulouse. C’était il y a 25 ans. Certaines maisons gardent encore des traces de l’explosion de l’usine AZF, il y a des fissures toujours visibles sur le sol. Reportage rue Bernadette au sud de Toulouse.
L’explosion de l’usine AZF, survenue à Toulouse, 10 jours après les attentats du World Trade Center, a fait 31 morts, plus de 2.500 blessés graves et près de 8.000 blessés légers. La date et l’heure sont gravées dans la mémoire des Toulousains : le 21 septembre 2001, à 10h17.
Les maisons les plus proches, situées rue Bernadette, à quelques centaines de mètres de l’épicentre de l’explosion, ont été soufflées. Certaines habitations en gardent encore des traces, il y a des fissures toujours visibles sur le sol. C’est le cas d’une propriété située à proximité de la route d’Espagne, dans laquelle une reporter d’ICI Occitanie a été invitée à entrer. Jean, le propriétaire n’avait encore jamais témoigné.
Une fissure de 30 mètres de long, sur le sol en marbre
L’Intérieur du 7 rue Bernadette est aujourd’hui cosy, 160 mètres carrés, au rez-de-chaussée, le sol en marbre est d’époque. Le propriétaire, Jean, fait la visite : « Ce qui reste d’AZF, ça se voit tout du long, vous voyez. » Le sol conserve les stigmates de l’explosion : « Sur à peu près 20 ou 25 mètres.«
Des morceaux de verre dans la cloison du salon
Jean montre la cloison proche du canapé et raconte que le 21 septembre 2001 : « La dame (l’ancienne propriétaire, ndlr) était dans la cuisine, mais elle aurait été dans la salle à manger, elle serait morte. Le mur était très abîmé, il y avait encore des morceaux de verre plantés dedans. » Cette maison, située à 800 mètres du cratère d’AZF, Jean, Carcassonnais d’origine, ancien étudiant toulousain, l’a achetée quinze jours après l’explosion : « J’étais au Congo, je travaillais au ministère des Affaires Etrangères, donc mes amis ont signé à ma place, je leur avais donné l’autorisation. »
Il n’a pas visité la maison avant de l’acheter : « Mes amis, qui étaient entrepreneurs, m’avaient envoyé les photos, mais ils s’étaient bien gardés de me montrer des photos trop angoissantes , sans quoi j’aurais dit non. »
Jean savait que la maison avait été soufflée, mais il ne s’attendait pas à découvrir une telle ruine : « J’avoue que j’ai eu peur quand je suis arrivé et que je l’ai vue. Mais mes amis m’ont dit non, non, c’est une très bonne affaire. Et au final, c’est vrai, j’ai fait une très bonne affaire. »
« C’était Beyrouth, on n’était pas en état de guerre, mais c’était tout comme »
Il se souvient du trajet depuis l’aéroport : « Àl’arrivée à Blagnac c’était Beyrouth. Je connaissais Beyrouth et je me suis dit, c’est la même situation, on n’est pas en état de guerre, mais c’est pareil ! »
Jean a fait faire les travaux de rénovation, ça a duré six mois : « Il y avait les cloisons à refaire, les vitrages, la toiture qui était de l’autre côté (de la rue ndlr), c’était des travaux importants quand même !«
Une maison jumelle reconstruite à l’identique à Portet-sur-Garonne
Dans le même temps, les anciens propriétaires, indemnisés par les assurances, ont construit une réplique de la maison à quinze minutes en voiture de la rue Bernadette, à Portet-sur-Garonne : « Ils ont fait construire la même à l’identique, exactement la même. Et ce n’était pas une mauvaise idée parce que bon, la dame avait été très perturbée (par l’explosion d’AZF ndlr). Et ça là, ça l’a peut-être guérie !«
En ce jour de commémoration, Jean se rendra au bout de sa rue, devant une stèle sur laquelle sont inscrits les noms des 31 morts victimes de l’explosion d’AZF.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555












