Joël Merkler, pilier droit du Stade Toulousain et international espagnol, n’est pas un joueur comme les autres. Bien installé dans la rotation au sein du club « rouge et noir », il suit en parallèle de son quotidien de rugbyman, un master à Sciences Po Toulouse et à la TBS. Une routine qui demande de l’organisation mais le pilier qui a disputé trois finales de Top 14, s’en accommode. Il raconte.
Ce n’est pas courant. Un sportif de haut niveau dont la carrière est déjà bien lancée s’impose rarement de suivre des études supérieures, et qui plus est au niveau master. C’est pourtant le défi que s’est lancé Joël Merkler. Le pilier droit du Stade Toulousain est âgé de 24 ans et poursuit, en parallèle de son quotidien de rugbyman, un master en affaires internationales et stratégie d’entreprise. Un cursus qu’il réalise à la fois à Sciences Po Toulouse et à la Toulouse Business School (TBS). « Il s’agit d’un double diplôme », précise l’international espagnol.
Ce dernier est pourtant bien installé dans l’équipe première du club champion de France. Au point qu’il a même disputé la dernière finale de Top 14 au poste de titulaire. Pourtant, cela ne l’empêche pas de se rendre toutes les semaines à la Manufacture des tabacs de Toulouse pour suivre les cours de son M1. « C’est juste à côté d’Ernest Wallon donc c’est pratique », explique-t-il.
Mais comment jongler entre ces semaines où le rugby occupe la majeure partie du temps et ses études qui nécessitent tout de même du temps de cerveau disponible ? Voici la façon dont il s’est organisé : « J’ai le droit d’aller à 10 heures de cours par semaine. En général, je suis plutôt entre 5 et 8 heures en présentiel. Parce que je n’arrive pas à aller à plus de 8. Mais c’est déjà bien. Et puis j’aime bien y aller. Oui, j’ai l’impression d’explorer d’autres environnements. »
Il faut dire que l’intitulé de son master le sort totalement de son quotidien de sportif. Le joueur qui compte 84 matchs avec le Stade Toulousain étudie la géopolitique dans ses grandes largeurs. « Si je voulais travailler dans le privé par exemple, mes études consistent à donner un bagage dans l’analyse de marchés étrangers pour des entreprises qui voudraient s’installer dans d’autres pays. C’est de l’analyse géopolitique ramenée au marché et à l’entreprise en fait. Ce n’est pas trop financier. »
Il précise : « C’est plutôt tout l’aspect international et donc c’est assez vaste, parce qu’on touche au droit, on touche à la finance, à la sociologie, il y a vraiment plein de matières différentes, et c’est très intéressant. » Voilà le quotidien de Merkler les lundis et jeudis, une fois qu’il a pris la douche et rangé ses crampons. Une fois son M1 validé, il basculera du côté de la TBS pour suivre son M2 et disposera d’un bac+5. Ce qui n’a rien de banal quand on évolue à un tel niveau.














