Un simple appel téléphonique a suffi pour annoncer la fermeture imminente des pressings Bel & Blanc, après le décès soudain de leur dirigeant. Faute de relais juridique, l’activité est paralysée, laissant les salariés et les clients dans un flou total.
Les employées des pressings Bel & Blanc à Toulouse et dans ses environs sont encore sous le choc. Jeudi dernier, un appel téléphonique leur a annoncé la fermeture imminente de leur pressing, sans autre explication.
Selon les informations de nos confrères d’Ici, cette situation fait suite au décès du dirigeant de l’entreprise, Pierre Artheix Althabegoity, survenu le 19 mars à l’âge de 66 ans. À la tête de cette société familiale depuis 2005, héritée sur six générations, il n’aurait laissé aucune procuration permettant d’assurer la continuité de la gestion de ses établissements.
Les comptes de l’entreprise étant aujourd’hui gelés, son activité se retrouve quasiment à l’arrêt. Sans accès aux fonds, il n’est plus possible de faire fonctionner normalement les pressings ni de rembourser les clients en possession de cartes prépayées.
L’enseigne, créée à Toulouse, possède dix pressings, dont sept dans la région toulousaine : quatre à Toulouse et trois à Fenouillet, Portet et Labège.
« Les clients sont désolés pour nous »
Ce mercredi matin, sur le parking du centre commercial de Purpan, Dalila repart avec sa veste sous le bras. « Je viens juste d’apprendre la fermeture, comme je n’ai pas de carte prépayée, mon vêtement a été refusé. C’était à côté de chez moi, les prix étaient abordables, je ne sais pas où je vais aller désormais. »
Les deux sacs de vêtements de Christine, bénéficiaire d’une carte prépayée, ont pour leur part été acceptés. La Toulousaine vient dans le commerce chaque semaine depuis une dizaine d’années. « J’ai appris la nouvelle de la fermeture dans La Dépêche. Pour être brutal, c’est brutal ! Je suis très triste pour les salariées, elles sont super gentilles. Et quand le pressing fermera, je ne sais pas où j’irai, il y a de moins en moins de pressings. »
Émilia, la responsable du magasin, a vu l’enseigne grandir au fil des ans. Salariée de Bel & Blanc depuis 1985, elle se dit « ébranlée » par la nouvelle annoncée par un simple coup de fil. « On nous a dit qu’on nous donnerait des infos au fur et à mesure. On peut fermer le 1er comme le 15 avril, voire du jour au lendemain. Je faisais ce métier par passion. Il me reste un an à travailler donc pour moi ce n’est pas dramatique, c’est surtout pour mes collègues que c’est compliqué. »
Outre le nettoyage des quelques vêtements encore acceptés, Émilia et sa collègue passent l’essentiel de leur temps à contacter leurs clients bénéficiaires d’une carte prépayée.
Dans l’une de ces enseignes situées dans la banlieue toulousaine, Nadège, qui travaillait pour Bel & Blanc depuis 2001, est elle aussi dans le désarroi. « C’est brutal bien sûr. Nous sommes dans le flou : nous ne savons pas du tout jusqu’à quand nous pouvons réceptionner les vêtements. Nous n’avons pas eu l’ordre de les refuser, donc nous les acceptons toujours. Le nettoyage se fait en 48 heures. On appelle les clients quand on a cinq minutes, on leur demande de vider leur solde. »
Contactée par mail, l’entreprise n’avait pas encore répondu à l’heure de notre publication.















