La députée de l’Ariège Martine Froger a été mise en examen dans une enquête sur la gestion de deux organisations locales. Soupçons d’irrégularités financières, travail dissimulé et manquements à la transparence sont au cœur des investigations toujours en cours.
Après la levée de son immunité parlementaire, Martine Froger, députée élue en avril 2023 et récemment conseillère municipale à Tarascon-sur-Ariège, a été mise en examen le 23 mars 2026 dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur la gestion de deux associations locales.
Selon le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, « les premières investigations confiées à la section de recherche de Toulouse ont permis de confirmer les éléments signalés par le service Tracfin ». La note du service de lutte contre les circuits financiers clandestins avait pointé des irrégularités dans les déclarations de la députée auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) et la possibilité d’infractions financières au sein des associations CASTA et BATI+, dont elle était directrice salariée.
L’instruction, ouverte en octobre 2025, porte sur une série de chefs d’accusation : « abus de confiance, abus de confiance en bande organisée, non désignation de commissaire aux comptes, faux et usage de faux, exécution d’un travail dissimulé, abus de bien sociaux et déclaration incomplète ou mensongère à la HATVP ». Les faits reprochés s’étendraient de janvier 2019 à novembre 2025. Après sa mise en examen, Martine Froger a été placée sous contrôle judiciaire strict, comprenant notamment l’interdiction de se rendre dans les locaux des associations et l’obligation de signaler tout déplacement hors du territoire métropolitain. Elle doit également verser une caution de 30 001 euros.
Une affaire qui touche plusieurs proches et collaborateurs de Martine Froger
L’enquête a également concerné plusieurs autres protagonistes. Les directrices actuelles, l’expert-comptable et la comptable en charge des organisations CASTA et BATI+ et le président de BATI+, ont été mis en examen. Le fils de Martine Froger, gérant de la société Les Jardins d’Ocxtanie, a lui été inculpé pour abus de biens sociaux et travail dissimulé. Tous sont soumis à des mesures de contrôle judiciaire, notamment l’interdiction de contacter la députée.
Huit gardes à vue ont été prolongées pour permettre les auditions et présentations devant les juges d’instruction, tandis que l’attachée parlementaire de Martine Froger a été remise en liberté sans mise en examen.


















