À Toulouse, le chantier de la Cartoucherie franchit une nouvelle étape. Lancée début 2026, la phase 3 de l’écoquartier avance sur ses fondations invisibles mais essentielles : réseaux, sols et préparation des futurs îlots. Le quartier compte déjà 3 800 logements et plus de 5 000 habitants.
Sur le terrain encore nu, difficile d’imaginer qu’ici s’étendra, d’ici à 2030, un nouveau morceau de ville. Pourtant, sous les engins, tout se joue déjà. La 3e et dernière tranche de l’écoquartier de la Cartoucherie va sortir de terre, avec un grand parc d’1 hectare (l’équivalent de la place du Capitole), et plusieurs nouveaux immeubles.
« C’est une bonne nouvelle, car le quartier est devenu très tendance », s’enthousiasme Muriel Le Vaillant, directrice des Halles de la Cartoucherie, cœur battant du quartier.
Le travail souterrain a commencé sur un site qui n’était, il y a peu, qu’un parking face au Zénith, lui-même installé sur une ancienne friche industrielle liée à GIAT Industries. Onze ans après l’arrivée des premiers habitants dans la ZAC de la Cartoucherie, le quartier va encore s’étendre.
Un triangle stratégique de 4 hectares
Cette troisième tranche, la plus petite de la ZAC avec environ quatre hectares, n’en est pas moins stratégique. Située en lisière du Zénith de Toulouse, elle doit accueillir logements, équipements publics et services, mais aussi un parc d’un hectare, pensé comme le « cœur » du secteur.

Concrètement, cette phase prévoit notamment environ 1 000 logements, dont une part importante de logements sociaux, ainsi qu’une résidence mixte de 219 logements. Côté stationnement, un parking silo de 400 places est programmé, fidèle au modèle du quartier limitant la voiture en surface.
Mixité sociale renforcée
La phase 3 affiche aussi une ambition sociale plus marquée. « Nous dépassons les 30 % de logements sociaux », précise Mathilde Gorge, cheffe de projet Oppidea, contre 25 % en moyenne sur le reste du quartier. Une diversité assumée, avec étudiants, seniors et logements familiaux mêlés au sein des mêmes îlots.

Des résidences intergénérationnelles verront ainsi le jour avec CDC Habitat et Adoma, accompagnées de services mutualisés : centre social, médiathèque ou encore espaces associatifs.
Un urbanisme pensé pour le climat
Autre axe fort : l’adaptation climatique. Près de 400 arbres seront plantés, dont la moitié dans le parc. Les sols font l’objet d’un travail de renaturation et de réemploi, dans une logique d’économie circulaire.
« On récupère les terres saines pour les réutiliser sur place », explique Nadia Soussi. À cela s’ajoutent des bassins de rétention des eaux pluviales et une voirie repensée pour laisser plus de place à la végétation.

Un calendrier tenu… avec prudence
Si le calendrier global reste fixé à 2030, les acteurs du projet restent prudents. « Les dates sont prévisionnelles », rappelle l’élue, évoquant les aléas classiques du secteur de l’immobilier.
En attendant, le quartier continue de vivre et de se densifier. Avec déjà plus de 5 000 habitants et 2 500 étudiants, la Cartoucherie n’est plus un projet : c’est une ville en devenir.
















