Entre drones, téléphones miniatures et livraisons de stupéfiants, la prison de Seysses est devenue un laboratoire de haute technologie sécuritaire. Reportage au cœur d’un établissement où l’administration pénitentiaire tente de reprendre le contrôle.
À l’entrée du centre pénitentiaire de Seysses, le silence se brise par un bourdonnement discret. Dans une pièce flambant neuve, un agent invite un visiteur à lever les bras devant un imposant portique gris. En quelques secondes, l’écran affiche une silhouette stylisée et signale une anomalie au niveau de la taille. Le « POM », portique à ondes millimétriques, vient de repérer un objet dissimulé sous les vêtements.

La scène ressemble à un contrôle d’aéroport. Pourtant, nous sommes bien dans une prison.
Face à la montée des trafics et des livraisons par drones, l’administration pénitentiaire transforme peu à peu Seysses en forteresse technologique. « Avec le nouveau système de neutralisation, les drones perdent leur trajectoire ou tombent au sol », explique Justine Gerbaud, porte-parole de la Direction générale de l’administration pénitentiaire (DGAP).
Des tunnels à rayons X inspectent sacs, vêtements et appareils électroniques
Dans les bâtiments de détention, des caillebotis métalliques renforcés sont en cours d’installation aux fenêtres. L’objectif de ces grilles aux fines mailles est d’empêcher les projections et les récupérations d’objets depuis l’extérieur. Plus loin, des tunnels à rayons X inspectent sacs, vêtements et appareils électroniques.
Construit en 2003 pour 600 détenus, Seysses en accueille aujourd’hui près de 1 400. Dans certaines cellules de 9 m² prévues pour une seule personne, trois hommes cohabitent entre lits superposés et matelas posés au sol. Dans ce contexte tendu, les fouilles se multiplient.

Pour l’administration pénitentiaire, la bataille se joue désormais autant sur le terrain humain que technologique. Brouilleurs téléphoniques modernisés, scanners corporels, anti-drones : le ministère de la Justice a engagé près de 4 millions d’euros à Seysses pour tenter de rendre la prison plus hermétique aux trafics extérieurs.

Mais les responsables le reconnaissent : la technologie impose une course permanente. Les trafiquants innovent sans cesse, obligeant l’administration à adapter continuellement ses équipements.















