Le Conseil constitutionnel tiendra une audience exceptionnelle à Mende le mercredi 27 mai 2026. Alain Juppé, Richard Ferrand ou encore Jacqueline Gourault sont attendus en Lozère pour examiner deux dossiers sensibles liés aux droits des citoyens et aux procédures administratives.
C’est un événement particulièrement rare pour la Lozère. Le mercredi 27 mai 2026, le Conseil constitutionnel quittera Paris pour organiser une audience publique exceptionnelle au tribunal judiciaire de Mende. Cette séance se déroulera à partir de 11 heures dans la salle des assises du tribunal. Le public pourra y assister gratuitement dans la limite des places disponibles. Depuis plusieurs années, le Conseil constitutionnel organise ponctuellement des audiences “hors-les-murs” afin de rapprocher l’institution des citoyens. Après Toulouse, Rennes, Bordeaux ou encore Versailles, c’est cette fois Mende qui a été choisie.
Alain Juppé et plusieurs personnalités attendus
La venue du Conseil constitutionnel en Lozère réunira plusieurs figures connues de la vie politique française. Parmi elles, Alain Juppé, ancien Premier ministre et ancien maire de Bordeaux, aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel. Le président de l’institution, Richard Ferrand, doit également participer à cette audience exceptionnelle. D’autres personnalités sont aussi attendues, comme Jacqueline Gourault, ancienne ministre de la Cohésion des territoires, aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel. Pour une ville comme Mende, accueillir l’une des plus hautes institutions de la République reste un rendez-vous inhabituel.
Deux affaires sensibles au programme
Lors de cette audience publique, deux questions prioritaires de constitutionnalité, appelées QPC, seront examinées. La première concerne le droit de garder le silence dans une procédure administrative liée au droit de la consommation. Aujourd’hui, lorsqu’une personne risque une sanction administrative, l’administration doit l’informer qu’elle peut être assistée par un avocat et présenter des observations écrites ou orales. Mais le texte ne précise pas explicitement qu’elle peut aussi choisir de ne pas répondre.
Un requérant estime que cette absence d’information pourrait porter atteinte aux droits garantis par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. En clair, le Conseil constitutionnel devra répondre à une question simple : une personne visée par une sanction administrative doit-elle obligatoirement être informée de son droit au silence ?
Une autre affaire autour des saisies administratives
Le second dossier porte sur la “saisie administrative à tiers détenteur”. Derrière cette expression juridique se cache une procédure utilisée par l’administration pour récupérer directement des sommes impayées, notamment des impôts, taxes ou amendes. Concrètement, l’administration peut demander à une banque ou à un employeur de bloquer une somme d’argent afin de rembourser une dette. Cette procédure fait régulièrement débat sur les garanties accordées aux personnes concernées, ce qui explique son examen par le Conseil constitutionnel.
Une rencontre prévue avec des lycéens
La visite du Conseil constitutionnel en Lozère ne se limitera pas à l’audience officielle. La veille, mardi 26 mai, Richard Ferrand et plusieurs membres de l’institution doivent rencontrer des élèves des lycées Jean-Antoine-Chaptal et Émile-Peytavin à Mende. Des échanges sont prévus entre 15 heures et 17 heures afin de sensibiliser les jeunes au fonctionnement des institutions françaises et au rôle du Conseil constitutionnel.
Pourquoi ces audiences sont organisées hors de Paris
Avec ces déplacements, le Conseil constitutionnel cherche à mieux faire connaître son rôle partout en France. L’institution souhaite notamment expliquer le fonctionnement des questions prioritaires de constitutionnalité, qui permettent à un citoyen de contester une loi déjà en vigueur s’il estime qu’elle porte atteinte à ses droits fondamentaux. Le Conseil constitutionnel parle lui-même de « questions citoyennes ».
Un événement rare pour la Lozère
Pendant quelques heures, Mende deviendra donc le centre d’une institution habituellement installée au Palais-Royal, à Paris. Entre la présence d’anciens ministres et Premiers ministres, des dossiers juridiques sensibles et une audience ouverte au public, cette venue du Conseil constitutionnel devrait attirer l’attention bien au-delà de la Lozère.
















