Un incendie a ravagé un appartement toulousain du quartier de la Côte Pavée, à la mi-mars. La locataire, âgée d’une quarantaine d’années, a perdu la vie dans le sinistre. Cet événement continue de hanter les résidents, en particulier celle qui vit dans le logement voisin. D’ailleurs, elle dénonce depuis plusieurs mois des failles de sécurité persistantes dans le bâtiment et l’inaction du syndic de copropriété. Voici ce qu’il faut savoir de cette affaire.
Des scellés et une longue bâche transparente empêchent l’accès. Situé au fond du couloir, au deuxième étage d’un immeuble toulousain, cet appartement a été ravagé par un incendie il y a deux mois. Dans ce drame, l’occupante, une femme âgée de 49 ans, a perdu la vie.
« Je l’ai échappé belle »
Derrière la porte qui jouxte l’entrée condamnée, Michèle, 77 ans, tente de reprendre le cours de sa vie. Mais difficile de se remettre d’un tel traumatisme. « Nos murs sont mitoyens », lance-t-elle en effleurant le placo au-dessus de son canapé. « Je l’ai échappé belle. Si des gens n’étaient pas passés dans la rue à ce moment-là, si personne n’avait prévenu les pompiers, j’aurais pu y passer… » souffle-t-elle.
Dans la nuit du 18 au 19 mars derniers, les secours sont intervenus autour de 4 h 30 du matin pour un violent incendie dans cette rue non loin du Grand Rond. Ils ont réussi à circonscrire le feu et à extraire la victime, alors en arrêt cardiorespiratoire. Les tentatives de réanimation sont restées vaines. « J’ai du mal à repenser à tout ça », confie Michèle. Pour l’heure, l’enquête pour déterminer les circonstances exactes du sinistre est encore en cours.
La septuagénaire, qui réside en location ici depuis 21 ans, vit dans l’angoisse d’un nouvel incident similaire. Elle se dit « très inquiète » quant à la sécurité dans l’immeuble. « J’ai interpellé le syndic de copropriété à plusieurs reprises, car une porte censée servir d’issue de secours dans le garage est montée à l’envers. Mais personne ne me répond », déplore-t-elle.
En phase de suivi suite à un cancer
Elle pointe également du doigt des dysfonctionnements du système de désenfumage et des blocs de secours manquants. Contacté, le syndic de copropriété concerné n’a pas répondu à nos sollicitations.
Autre source de stress pour Michèle : les infiltrations d’eau. Photo à l’appui, elle recense les preuves : flaques dans le garage, gouttes qui ruissellent le long des murs du hall d’entrée. « J’en ai plus qu’assez, il y a déjà des immeubles qui se sont effondrés à Toulouse. Ça fait peur, il faut réagir. » Elle a mobilisé une dizaine d’autres voisins en leur faisant signer une pétition.
Fragilisée par un récent traitement contre un cancer, un lymphome B, Michèle s’avoue « épuisée » de porter ce combat et d’effectuer ces démarches.












