C’est une annonce qui suscite une vive émotion dans le Nord-Est toulousain. Selon les syndicats, la direction de la clinique Ramsay de l’Union, située près de Toulouse, a annoncé la fermeture prochaine de sa maternité et du service de néonatologie. Une information confirmée par la clinique. Depuis plusieurs jours, élus, habitants, personnels soignants et familles expriment leurs inquiétudes face à la disparition annoncée de ce service historique.
L’agglomération toulousaine compte plusieurs maternités, publiques et privées, réparties entre établissements de niveau 1, 2 et 3 selon les prises en charge médicales proposées. Entre le CHU de Purpan, Paule-de-Viguier, la clinique Croix du Sud, Rive Gauche ou encore la clinique de l’Union, l’offre reste importante dans la métropole. Mais dans le Nord-Est toulousain, la maternité de l’Union occupait une place particulière pour de nombreuses familles du secteur. Située à proximité de communes en forte croissance démographique comme Saint-Jean, L’Union, Balma, Montrabé ou Castelmaurou, elle constituait un établissement de proximité très identifié par les habitants.
Une fermeture annoncée pour l’automne 2026
Selon la CGT, la direction du groupe Ramsay Santé a présenté le 21 avril 2026 un projet prévoyant la fermeture de la maternité et de la néonatologie de la clinique de l’Union avec un transfert de l’activité vers la clinique Croix du Sud à Quint-Fonsegrives d’ici le 1er octobre 2026. Ce projet concernerait « plus de 30 salariés ».
Sur les réseaux sociaux, l’équipe de la maternité a publié un long message pour annoncer la nouvelle aux patientes. « C’est avec une immense émotion, et le cœur lourd, que nous vous annonçons la fermeture de notre maternité à compter du 15 septembre. Cette décision nous est imposée. Elle ne reflète ni notre engagement, ni nos valeurs, ni l’amour que nous portons à ce lieu […] », écrit notamment l’équipe.
Les soignants précisent toutefois qu’une grande partie du personnel rejoindrait la maternité Croix du Sud, appartenant également au groupe Ramsay Santé. « Vous pourrez y retrouver une grande partie de notre équipe, toujours présente à vos côtés, avec la même bienveillance, la même écoute et la même passion », peut-on lire dans leur publication.
Selon les informations communiquées, une équipe de gynécologues resterait présente sur le site après la fermeture de la maternité. Les patientes dont le terme est prévu après septembre pourraient également demander un transfert de dossier vers la maternité de leur choix.
Le maire de Saint-Jean réclame une concertation
Cette fermeture annoncée provoque aussi de fortes réactions du côté des élus locaux. Dans un communiqué publié après l’annonce, le maire de Saint-Jean, Bruno Espic, fait part de sa « profonde préoccupation ». « La maternité de la Clinique de l’Union représente un service essentiel pour les habitants de Saint-Jean et de l’ensemble du bassin de vie », estime l’élu.
Le maire évoque également « une perte importante pour l’offre de soins de proximité du territoire » dans un contexte où « les difficultés d’accès aux soins se renforcent dans de nombreux territoires ».
L’élu affirme avoir officiellement demandé à la direction de la clinique que « la réflexion puisse se poursuivre avant toute décision définitive ». Il souhaite également qu’une rencontre soit organisée avec « les acteurs locaux et les partenaires de santé » afin d’étudier d’éventuelles alternatives permettant de maintenir une activité de maternité sur le secteur.
Une inquiétude grandissante dans le nord-est toulousain
Depuis l’annonce, les réactions se multiplient chez les habitants et certains professionnels de santé du secteur. Beaucoup craignent un éloignement progressif de l’offre de soins périnataux dans une zone où la population continue d’augmenter rapidement.
Pour de nombreuses familles, la maternité de l’Union représentait aussi un établissement à taille humaine, identifié depuis plusieurs années dans le paysage médical local.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes évoquent déjà leurs accouchements réalisés sur place ou le suivi de leurs enfants dans cet établissement. D’autres s’interrogent sur les conséquences possibles en matière de délais de prise en charge ou de saturation des autres maternités toulousaines.
En parallèle, une pétition mise en ligne après l’annonce a déjà recueilli 704 signatures ce mercredi 27 mai 2026.
Un sujet sensible autour de l’accès aux soins
Cette fermeture annoncée intervient dans un contexte national marqué par les tensions autour des maternités et de l’accès aux soins de proximité.
Ces dernières années, plusieurs établissements ont dû fermer ou regrouper leurs activités en raison des difficultés de recrutement, de contraintes budgétaires ou de réorganisations hospitalières.
Mais dans le Nord-Est toulousain, territoire en plein développement démographique, cette annonce suscite une inquiétude particulière chez de nombreux habitants et professionnels de santé.












