Depuis le 3 mai, 19 salariées de la société de nettoyage ONET présente dans le hall D de l’aéroport de Toulouse sont en grève. Elles dénoncent la maltraitance de leur hiérarchie et de mauvaises conditions de travail.
Entre les arrivées et les départs des voyageurs, à l’aéroport Toulouse-Blagnac, les 19 grévistes de la société de nettoyage ONET restent stationnées devant le hall D. Elles dénoncent des mauvaises conditions de travail. « Ils nous parlent mal mal mal, j’ai 57 ans, je n’ai jamais vu ça de ma vie« , explique Fatima*, une des salariées présentes depuis le 3 mai. Vêtues de leur gilet jaune « Sud Solidaire Nettoyage », elles chantent le slogan « ONET, malhonnête » sous le regard des touristes. Leur revendication principale concerne la démission de deux membres du personnel : un chef d’équipe et une responsable clientèle de la société ONET, qui les emploie. Sanctions abusives, agressivité non-justifiée, Fatima affirme qu’elle venait au travail « la boule au ventre, avec la peur et le stress« .
Le mouvement s’est donc lancé début mai afin de demander un renvoi de ces responsables. Les conditions de travail, avec des « personnes qui ne sont pas remplacées quand elles partent en vacances, ce qui entraîne des manques d’effectifs« , sont aussi dénoncées par Safia, cheffe de service de la société, ainsi que les salaires, trop bas. « Tout le monde est payé au SMIC, même celles qui sont là depuis longtemps. Ce n’est pas normal.«
Un dialogue au point mort avec la hiérarchie
Après 26 jours de grève, le dialogue avec la hiérarchie reste au point mort selon Alima Alla, déléguée syndicale de Sud Solidaires et agente de service dans l’aéroport. « On essaie de dialoguer avec eux depuis octobre et ils ne veulent pas nous écouter. Ce n’est que 15 jours après le début de la grève qu’on a réussi à obtenir une enquête par une société extérieure, pour que des psychologues viennent vérifier le management sur le site« , explique-t-elle. Mais ce n’est pas satisfaisant selon elle. « On en vient même à abaisser nos demandes en demandant juste que les jours de grève soient rémunérés et une prime pour tous« , se résout l’agente.
Les personnes mobilisées dénoncent le fait qu’ONET ait employé des intérimaire pour pallier au sous-effectif du à la grève. La complicité de l’aéroport est aussi soulevée: « Ça fait quand même 26 jours qu’on manifeste devant les bureaux d’ATB (aéroport Toulouse Blagnac). Ils savent très bien, que quand on travaille, ils n’ont rien à nous reprocher. On se sent abandonnées par eux« , dénonce Safia.
Une caisse de grève a été mise en place par le syndicat Sud Solidaires pour aider la dizaine de salariées à continuer la mobilisation et pendant deux heures, chaque jour, les agentes d’entretien continuent de chanter « on lâche rien, on lâche rien » en faisant voler les drapeaux.
Contactée, la société de nettoyage n’a pas donné suite et l’aéroport Toulouse Blagnac dit souhaiter « qu’une issue puisse être trouvée rapidement, dans des conditions satisfaisantes pour l’ensemble des parties concernées.«
*Les prénoms des grévistes ont été modifiés
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555












