Les six kiosques art déco encore installés sur l’esplanade François-Mitterrand, face à la Fnac et au McDonald’s, doivent être démontés puis réimplantés ailleurs à Toulouse. La mairie veut préserver ces édicules patrimoniaux, tout en repensant ce secteur stratégique, à l’heure où l’ancien bâtiment des Variétés rénové accueillera la nouvelle Fnac fin 2026.
Ils font partie du décor de Jean-Jaurès depuis des décennies. Les petits kiosques installés sur l’esplanade François-Mitterrand, au débouché du métro, face à l’actuelle Fnac et au McDonald’s, ne devraient pourtant pas rester en place. « L’avenir des kiosques est assez simple : ils vont être retirés des allées Roosevelt pour être installés ailleurs », explique Thierry Sentous, élu du Capitole chargé notamment du patrimoine.

Sur les huit kiosques qu’il dit avoir connus dans le secteur, deux ont déjà été démontés par le passé et réimplantés ailleurs. L’un d’eux se trouve aujourd’hui place de la Roseraie, où il accueille une activité de café, viennoiseries, glaces ou friandises. « Cela se passe très bien, il anime le jardin, à la sortie du métro », souligne l’élu.
Des problèmes de délinquance et de trafics sur ce secteur des allées Roosevelt et François-Mitterrand
Pour les six kiosques restants, la mairie affirme avoir tenté plusieurs formules commerciales. « On a tout tenté pour essayer d’en faire quelque chose dans un esprit très toulousain : un lieu où l’on peut acheter des glaces, des journaux », poursuit Thierry Sentous. Mais l’activité, renommée Les Baraques en 2023, n’a jamais retrouvé d’équilibre durable.
L’élu pointe aussi les problèmes de délinquance et de trafics sur ce secteur des allées Roosevelt et François-Mitterrand. Les kiosques serviraient, selon lui, de « points d’appui » : on s’y cache, on s’installe sur les margelles, on utilise les auvents. « Ce n’est pas compatible avec la vie d’un petit commerce », estime-t-il.
« Ils sont inscrits à l’inventaire complémentaire des monuments historiques »
La Ville assure toutefois ne pas vouloir détruire ces édicules. « Ils font partie du patrimoine toulousain, avec un design art déco intéressant, et ils sont inscrits à l’inventaire complémentaire des monuments historiques », indique Thierry Sentous. Leur démontage devra donc être réalisé avec précaution, panneau par panneau, avant un remontage ailleurs.

Reste à trouver les bons emplacements. Une piste évoquée par l’élu serait d’en installer un rue Ozenne, près du jardin du Palais-Royal, dans l’esprit du kiosque situé à l’entrée du Grand-Rond, allées Frédéric-Mistral. « Mais rien n’est acté. Il y en a six à placer », insiste-t-il.
Le calendrier reste lui aussi ouvert. Le démontage ne devrait pas intervenir dans l’immédiat, mais plutôt « à l’horizon 2027-2028 ». Chaque opération représente un coût important, « plusieurs dizaines de milliers d’euros » par démontage et remontage.
La nouvelle Fnac pourrait changer la donne
La réflexion s’inscrit aussi dans la transformation du secteur. L’ancien bâtiment des Variétés, rénové, doit accueillir la nouvelle Fnac à la fin de l’année 2026. Cette arrivée pourrait modifier les flux et l’ambiance du quartier.

« Peut-être qu’on attendra un peu l’ouverture de la Fnac, au cas où l’on retrouve une physionomie sociale qui chasse les dealers et permette de réenvisager une activité commerciale sur certains kiosques », avance Thierry Sentous. La Ville pourrait donc adapter son projet : déplacer les six kiosques, ou éventuellement en maintenir certains si le contexte change.













