Le secteur des data centers en Occitanie est en pleine recomposition. Etix, opérateur français de référence, vient d’annoncer le rachat de quatre centres de données appartenant à Eurofiber, implantés à Toulouse, Auch, Nîmes et Labège. Avec six sites dans la région, le groupe basé à Saint-Herblain s’impose comme le nouveau leader régional, et ce mouvement dit beaucoup sur l’attractivité numérique croissante du Sud-Ouest.
Un rachat qui redistribue les cartes en Occitanie
Etix a annoncé être entré en négociation exclusive pour l’acquisition des data centers français d’Eurofiber. La transaction porterait sur trois établissements en propre situés à Toulouse, Auch et Nîmes, ainsi qu’une unité de colocation à Labège. Le groupe, qui comptait déjà un site à Toulouse et un à Montpellier, passerait ainsi à six implantations en Occitanie, s’imposant sans contestation possible comme numéro 1 régional.
La finalisation de la transaction, soumise à la consultation des instances représentatives du personnel, est attendue pour juin 2026. Elle inclurait le transfert de quatre collaborateurs opérationnels d’Eurofiber vers Etix, garantissant une continuité de service pour les clients existants.
Du côté d’Eurofiber, le retrait s’explique par une logique de concentration stratégique : l’opérateur néerlandais a estimé que son activité française de colocation n’était pas suffisamment dimensionnée pour rester structurellement compétitive en autonomie. Il conservera toutefois un accès à des capacités data center via un partenariat commercial avec Etix.
Toulouse érigée en hub numérique du Sud-Ouest
Ce rachat n’est pas qu’une opération de croissance externe classique. Pour Etix, l’enjeu stratégique réel est ce que la transaction ouvre à Toulouse : en intégrant le principal nœud d’interconnexion de la région à son portefeuille, le groupe se positionne pour servir l’un des marchés dits “Tier 2” les plus dynamiques de France, aux côtés de Lille et Lyon.
Louis Blanchot, PDG d’Etix, l’a formulé sans détour : passer de 15 à 19 data centers marque une étape décisive, mais c’est bien Toulouse qui concentre l’essentiel de la valeur stratégique de l’opération.
La ville rose dispose en effet d’atouts structurels rares. Le data center Etix Toulouse soutient déjà les secteurs de l’aérospatiale, de la santé et du secteur public, avec un positionnement axé sur la proximité, la souveraineté et la résilience. Pour répondre aux exigences réglementaires strictes de la défense et de l’aéronautique, Etix propose un environnement entièrement souverain, certifié ISO 27001, HDS et conforme aux standards SecNumCloud. Dans une ville où Airbus, Thales et les grands groupes industriels concentrent des volumes colossaux de données sensibles, ce positionnement n’est pas anodin.
Etix Everywhere : Le Made in France du data center ! 🇪🇺
Notre mission : offrir des services là où nos clients en ont besoin. Leader en hébergement de proximité, nous opérons 14 #datacenters paneuropéens, dont 13 en France sur 6 régions.#Colocation #souveraineté pic.twitter.com/n85fT7ZNed— ETIX (@EtixEverywhere) November 20, 2024
Ce que ce basculement change concrètement pour la région
Au-delà du jeu concurrentiel entre opérateurs, cette consolidation du marché a des répercussions très concrètes sur l’économie régionale. En 2024, l’Occitanie comptait 25 data centers raccordés au réseau Enedis, ce qui plaçait la région au cinquième rang national. Ces infrastructures sont majoritairement concentrées sur les métropoles de Toulouse et Montpellier, avec des implantations secondaires à Albi, Carcassonne et Castres.
Début 2025, dans le cadre du Sommet de Paris pour l’intelligence artificielle, six sites en Occitanie ont été identifiés à l’échelle nationale comme répondant aux critères d’accueil de grands centres de données, dont deux d’une capacité de 250 MW. Un signal fort que la région est considérée comme un territoire d’avenir pour cette infrastructure.
Les retombées économiques sont, elles aussi, loin d’être négligeables. L’implantation d’un data center de taille intermédiaire, d’environ 10 MW, représente entre 70 et 90 millions d’euros d’investissement, génère 40 emplois directs et jusqu’à 100 emplois indirects. Recettes fiscales pour les collectivités, montée en compétence des filières locales, attractivité pour les entreprises tech en quête d’hébergement souverain : la dynamique profite à l’ensemble du tissu économique régional.
Avec cette opération, Etix franchit par ailleurs le seuil des 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en France, ce qui ancre encore davantage le groupe dans le paysage numérique national.




















