Le lac de La Ramée, situé à Tournefeuille, fait l’objet d’un arrêté municipal interdisant totalement les barbecues cet été pour prévenir les risques d’incendie liés à la sécheresse. Cette décision du maire Frédéric Parre suscite de vives tensions avec l’opposition, qui craint la multiplication des feux sauvages cachés sous les arbres. Entre inquiétudes des riverains, risque d’incendie en période de sécheresse et critiques sur l’efficacité de la mesure, la municipalité défend un choix qu’elle juge indispensable pour sécuriser le site.
C’est une question qui agite les habitants de Tournefeuille, et plus particulièrement les riverains du lac de la Ramée. Chaque été, les barbecues alimentent les inquiétudes liées aux incivilités et au risque d’incendie. L’interdiction décidée par arrêté municipal est donc plutôt bien accueillie par une partie des habitants, notamment parmi les riverains les plus exposés aux nuisances et aux risques liés aux barbecues.
« C’est surtout une question de sécurité. Il y a déjà eu un feu sur 200 m, c’est un vrai risque vu le nombre de barbecues à même le sol et la sécheresse », souligne Robert Croiziers de Lacvivier, qui habite chemin du Prat depuis 1986 et qui préside l’association Prat.

Laurent Soulié, élu de l’opposition, craint toutefois un effet pervers : la multiplication des barbecues sauvages. « Avant, il y avait une zone dédiée, c’était déjà un peu le bazar, mais là, c’est pire. Résultat : les risques d’incendie augmentent, parce que les gens se cachent, grillent sous les arbres. »
Au-delà de la critique de l’arrêté, l’élu estime que la commune pourrait privilégier des solutions d’encadrement plutôt qu’une interdiction totale. Pour lui, des alternatives pourraient être envisagées, comme l’installation de planchas électriques ou l’aménagement d’une zone plus sécurisée et mieux contrôlée. « Bien sûr, il faut investir, mais c’est faisable », estime-t-il.
Il souligne également l’importance de préserver un espace de convivialité pour les habitants qui ne disposent pas d’un extérieur privé. Laurent Soulié regrette enfin une décision prise, selon lui, sans véritable concertation.
« L’été dernier, on faisait du feu sur de la paille sèche »
De son côté, le maire Frédéric Parre rejette les critiques, qu’il qualifie de « polémique électorale », et défend une mesure dictée, selon lui, par des impératifs de sécurité.
« J’ai pris cet arrêté parce que la question des barbecues à la base de loisirs de la Ramée inquiétait énormément les habitants, surtout les riverains », explique-t-il. Le maire affirme avoir été alerté à plusieurs reprises sur les risques liés à la sécheresse et indique que la Direction départementale des territoires ainsi que Toulouse Métropole lui ont signalé la présence de nombreux barbecues non conformes à la réglementation.
Selon lui, la hausse du danger est avant tout liée aux conditions climatiques exceptionnelles observées ces dernières années plutôt qu’au seul nombre de barbecues sauvages. « L’été dernier, c’était la canicule, on faisait du feu sur de la paille sèche », rappelle-t-il, évoquant les nombreux appels reçus en mairie au sujet de ce risque.
« Nous privilégions cette année l’information, la sensibilisation. C’est normal, c’est la première année, on remet en cause des habitudes très anciennes. »
« Mon arrêté ne vise qu’à protéger les riverains, les usagers et ce patrimoine naturel », conclut Frédéric Parre. « Il n’interdit pas la convivialité, les activités sportives ou les pique-niques. Nous devons simplement éviter de prendre des risques inutiles avec le feu. »
Toulouse Métropole n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations concernant la question des barbecues.
Le plan d’actions de la municipalité
La municipalité a engagé un plan d’actions comprenant un renforcement de la présence de la police municipale, particulièrement les week-ends et lors des épisodes de fortes chaleurs. « Une patrouille de la police municipale circulera à pied dans les secteurs identifiés comme les plus sensibles. »
Le maire indique également avoir sollicité Toulouse Métropole et la police nationale afin d’accroître la surveillance du site. Des rondes supplémentaires, l’utilisation de drones et le renforcement de la médiation figurent parmi les mesures envisagées. Un médiateur mis en place par la métropole sera présent au parc de la Ramée, mais la municipalité souhaiterait qu’ils soient plus nombreux.
Un comité de suivi doit également se réunir chaque mois jusqu’en septembre afin d’évaluer l’efficacité du dispositif et d’adapter les mesures si nécessaire. Concernant le coût de ces actions, la mairie précise qu’aucun chiffrage précis n’a encore été établi, mais que les dépenses liées au renforcement des effectifs municipaux seront assumées par la commune.











