Le Conseil d’État a examiné ce lundi 15 juin les pourvois en cassation formulés par des associations d’opposants, qui contestent la légalité du chantier de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres.
C’est peut-être l’un des derniers espoirs des opposants de faire stopper le chantier avant la fin des travaux. Le Conseil d’État a examiné ce lundi 15 juin les pourvois en cassation formulés par des associations d’opposants, qui contestent la légalité du chantier de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres. Le rapporteur public a demandé le rejet de ces pourvois et la décision a été mise en délibéré. Pour en parler, Thomas Brail, arboriste-grimpeur originaire du Tarn, fondateur du Groupe National de Surveillance des Arbres et fer de lance de la lutte était l’invité d’ICI Occitanie.
Journaliste : Vous avez le sentiment que c’est mal embarqué pour vous ?
Thomas Brail : Non, pas du tout, il faut toujours garder l’espoir. On s’est vite aperçu qu’une fois de plus, le procureur suit les avis d’Atosca. On se demande l’impartialité de ces procureurs. Quand on voit qu’ils remettent en cause le jugement du 27 février par rapport au tribunal administratif, qu’il dit qu’il faut suivre les avis des politiques. Quand on est dans un tribunal, on suit la loi, on ne suit pas les avis des politiques. C’est ça qui est triste.
Journaliste : Le rapporteur public a tout de même défendu sa position. Il a évoqué la raison impérative d’intérêt public majeur, notamment le désenclavement de l’agglomération castraise. Cet argument, il n’est toujours pas valable, selon vous ?
Thomas Brail : Cet argument-là, ça fait longtemps qu’ils nous le sortent et qu’ils parlent de désenclavement. Cette autoroute, on sait toutes et tous qu’elle est demandée par les laboratoires Pierre-Fabre. Cela a été démontré. Les laboratoires ont investi au capital d’Atosca. À un moment donné, il faut remettre les pendules à l’heure.
Journaliste : La décision est mise en délibéré, vous espérez une réponse quand ?
Thomas Brail : Dans une quinzaine de jours. On espère qu’il y aura une impartialité au niveau du Conseil d’État.
Journaliste : Cette décision sera peut-être l’épilogue de cette lutte judiciaire, alors que sur le terrain le chantier arrive à sa fin. Qu’est-ce que ça vous inspire ?
Thomas Brail : Ils jouent la politique du fait accompli. C’est-à-dire continuer à avancer rapidement pour que l’autoroute soit pratiquement finie. On sait comment ça marche. On l’a vu avec le pont de l’île de Ré. Il a été acté comme illégal et pourtant il était déjà en service.
Journaliste : Vous allez rester mobilisé du côté des opposants ?
Thomas Brail : Si vous voyez votre maison brûler, vous la regardez brûler ou vous essayez d’éteindre l’incendie ? Je pense qu’il faut donner un exemple pour tous ces projets-là qui n’ont pas de sens. Moi je me suis déplacé en Haute-Savoie pour le projet d’A412 et qui date d’il y a 20 ans, un projet d’autoroute à nouveau. À quel moment ça va s’arrêter tout ça ? On est en 2026. Arrêtons de construire des trucs un peu partout alors qu’il n’y a plus d’utilité aujourd’hui.
Journaliste : Quelle sera la suite de la mobilisation si vos recours sont rejetés par le Conseil d’État ?
Thomas Brail : Il va falloir ouvrir les yeux aux personnes qui vont utiliser cette autoroute. Dans un deuxième temps, pourquoi pas, le Conseil européen. Je pense qu’il est important de ne pas s’arrêter là. Ce projet-là, il n’est pas pour les citoyens, il n’est pas d’utilité publique. C’est parce qu’une grosse entreprise de la région l’a demandé pour faire du flux de camions.
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