Quelques jours après l’intervention de la police menée dans un point de deal du quartier Saint-Aubin à Toulouse et la condamnation de l’un des individus les plus redoutés du quartier, les commerçants assurent que le trafic a déjà repris. Entre menaces, agressions et sentiment d’abandon, ils réclament un système de surveillance en continu pour sécuriser le secteur.
Le trafic de stupéfiants démantelé quartier Saint-Aubin à Toulouse a-t-il déjà repris ? C’est ce qu’affirment plusieurs commerçants du quartier Gabriel-Péri, quelques jours seulement après le coup de filet mené par les policiers dans un point de deal installé dans un campement du centre-ville. Suite aux nombreuses alertes des riverains, le 8 juin, après plus de trois mois d’enquête, un trafic de stupéfiants implanté rue Arnaud-Vidal, dans l’hypercentre de Toulouse, a été démantelé. Cocaïne, Lyrica et prégabaline (drogue du pauvre) ainsi que 10 000 euros ont été saisis. Sept individus, tous marginaux, ont été appréhendés.
Seulement voilà. « Apparemment, le point de deal à côté du bar Le Péry a réapparu », rapporte le gérant d’une brasserie. Selon lui, plusieurs membres de son personnel lui ont signalé la présence de nouveaux individus depuis deux ou trois jours. Le commerçant désigne un panneau publicitaire situé devant son établissement : « Ils se mettent derrière la sucette. Ils sont tranquilles derrière, la caméra de la ville ne les voit pas », affirme-t-il. Depuis des mois, plusieurs commerçants se sont regroupés pour adresser des courriers et des courriels à la mairie, à la préfecture et aux services de police. Le gérant du bistrot estime que les choses ont commencé à évoluer après la médiatisation du dossier par La Dépêche : « Enfin, ils ont commencé un peu à bouger, à envoyer la police », assure-t-il.

Un serveur agressé
Au-delà du trafic, les commerçants évoquent un climat de tension récurrent. « J’ai quand même mes serveurs qui se font taper et menacer au couteau », affirme-t-il. Le gérant cite le cas de B. D., un homme condamné mardi en comparution immédiate à dix-huit mois de prison, dont huit avec sursis. Selon lui, il était connu dans le quartier depuis longtemps. Le 13 juin dernier, un salarié de la SAS Le Péry a été agressé sur son lieu de travail.
D’après nos informations, l’employé a tenté d’intervenir après avoir constaté le vol d’un couteau sur une table de l’établissement. Il aurait reçu deux coups de poing avant d’être menacé de mort. L’agresseur a ensuite été interpellé par la police. Le bistrotier affirme que les autres commerçants du secteur se plaignaient régulièrement de son comportement : « Même le maire de quartier se plaignait de cet homme, mais personne ne faisait rien », assure-t-il.
Des clients effrayés
Même constat du côté d’un autre gérant de bar du secteur. Pour lui, la présence du point de deal attire de nombreux consommateurs de stupéfiants dans le secteur. « Ça attire pas mal de personnes, de drogués dans le quartier qui viennent s’approvisionner », explique-t-il. Le commerçant évoque plusieurs incidents survenus à proximité de son établissement. « J’ai mes serveurs qui se sont fait provoquer avec un couteau devant eux pour leur dire de dégager », raconte-t-il. Il affirme également qu’une cliente aurait été traînée par terre après avoir refusé de donner une cigarette.
Pour le commerçant, ces situations inquiètent fortement la clientèle et les riverains. « Ils font peur aux clients, ils font peur au voisinage, ils font peur à tout le monde », résume-t-il. Le gérant évoque également des scènes quotidiennes surréalistes ou des attitudes d’individus marginalisés, illustrant la dérive comportementale qui s’est installée dans le quartier.
Une réunion mardi avec les autorités
Au Capitole, on nous assure « continuer de combattre avec un très fort engagement le trafic de rue aux côtés de la police nationale. Plusieurs individus ont été appréhendés dans le secteur ces derniers jours. » Une réunion entre commerçants, mairie et police est prévue mardi prochain. Les professionnels espèrent obtenir des réponses sur les suites qui seront données après les récentes opérations menées dans le quartier, mais également une surveillance continue des agents de police pour s’opposer durablement au retour des trafiquants.










