REPORTAGE. Une coupure d’électricité aussi soudaine que spectaculaire a plongé plusieurs quartiers de Toulouse dans le noir vendredi soir. À Saint-Cyprien et Patte-d’Oie notamment, habitants et commerçants ont dû composer avec des TPE inutilisables et des équipements à l’arrêt. Retour sur cette soirée mouvementée.
Au café Rive Gauche, déjà bien rempli, l’heure est encore aux commentaires ce samedi matin. La veille, peu après 18 h 30, une grosse coupure de courant a plongé une partie du quartier Saint-Cyprien dans le noir. En quelques secondes, terminaux de paiement, éclairages et équipements électriques se sont arrêtés.
« Le TPE a cessé de fonctionner pendant une bonne demi-heure », raconte Esperanza, employée de l’établissement. Heureusement, la tireuse à bière a continué de fonctionner. « On a pu servir les clients mais on a fait une petite pause dans le service. Les gens n’ont pas râlé, ils ont vite compris que c’était toute la rue. »
À quelques centaines de mètres de là, derrière le marché Saint-Cyprien, la soirée a été beaucoup plus compliquée pour certains restaurateurs. Dans un restaurant asiatique, le gérant explique avoir préféré fermer temporairement. « On n’avait plus les balances, plus rien. J’ai eu peur pour les produits. »
Même constat au Café Manine. « Sans la hotte et les frigos, on a dû arrêter », raconte une cuisinière. Le personnel est alors sorti de la cuisine, dans l’attente du retour du courant.
« Impossible d’encaisser les clients »
Pour Bruno, gérant de la Poissonnerie du Bonheur, la panne est tombée au pire moment. « On a été coupés pendant trois quarts d’heure. Plus de porte automatique, plus de TPE. Et même quand le courant est revenu, impossible de les réinitialiser. »
Le commerçant assure avoir perdu une partie de sa clientèle en pleine heure de pointe. « C’était entre 18 heures et 19 heures, le moment où il y a le plus d’activité. EDF ou la mairie auraient pu nous prévenir. On était dans l’inquiétude totale. »
Si à Saint-Cyprien la coupure a duré une trentaine de minutes selon plusieurs témoignages, certains secteurs voisins ont été touchés plus longtemps. À Patte-d’Oie, une habitante âgée rencontrée à la boulangerie évoque près de deux heures sans électricité. « J’ai cru pendant presque une heure que ça ne concernait que mon appartement. J’ai vite pensé à tous mes produits congelés ! »
« Mon vélib roule depuis 16 heures ! »
La panne a également provoqué quelques situations insolites. Attablé à la terrasse du Rive Gauche, un habitué reconnaît avoir surtout pensé à la demi-finale du Stade Toulousain. « Un peu plus et on loupait le match ! Quand le courant a sauté, je me suis tout de suite demandé comment on allait faire pour suivre la rencontre. Heureusement, tout est revenu à temps », sourit-il.
D’autres ont été confrontés à des difficultés plus inattendues. Un Toulousain raconte ainsi avoir utilisé un vélib’ vendredi soir, peu après le début de la coupure. Une fois arrivé à destination, quartier Saint-Cyprien, il est parvenu à raccrocher son vélo à une borne sans difficulté apparente. Mais une heure plus tard, une notification lui indiquait que son trajet était toujours en cours. Ce samedi matin encore, l’application considérait que le vélo circulait toujours. « Selon elle, mon vélo roule depuis plus de seize heures », s’amuse-t-il en montrant son téléphone.

Selon Enedis, jusqu’à 47 000 foyers ont été privés d’électricité au plus fort de la panne. La préfecture, de son côté, a indiqué que l’incident était lié à un « feu de végétation » dans le secteur de Sesquières.

Pour permettre aux pompiers d’intervenir en sécurité, une ligne à haute tension surplombant le foyer a dû être coupée préventivement, provoquant cette vaste panne dans plusieurs quartiers de Toulouse. Le courant a été progressivement rétabli au cours de la soirée.















