Un épisode de pollution aux particules en suspension touche la Haute-Garonne. À partir du mercredi 24 juin 2026, des mesures d’urgence entrent en vigueur dans tout le département, avec notamment une baisse des vitesses maximales autorisées sur les routes.
Après la canicule, la pollution de l’air. La Haute-Garonne est concernée par un épisode de pollution aux particules en suspension PM10, lié à l’arrivée d’une masse d’air chargée en particules désertiques. Selon Atmo Occitanie, ces particules entraînent une hausse des concentrations dans l’air, notamment sur l’Ouest de la région.
Face à l’évolution de la situation, le préfet de la Haute-Garonne, Pierre-André Durand, a décidé la mise en place de mesures d’urgence de niveau 1 à partir du mercredi 24 juin 2026. Elles s’appliqueront dès minuit. La mesure la plus visible concernera les automobilistes : les vitesses maximales autorisées seront abaissées sur les routes du département.
Les vitesses abaissées dès mercredi
À partir de mercredi 24 juin, les limitations de vitesse changent temporairement en Haute-Garonne. Sur les voies habituellement limitées à 130 km/h, la vitesse maximale passe à 110 km/h. Sur celles limitées à 110 km/h, elle passe à 90 km/h. Sur les axes limités à 90 km/h ou 80 km/h, la vitesse est abaissée à 70 km/h.
L’objectif est de réduire les émissions liées au trafic routier pendant l’épisode de pollution. Ces mesures s’appliquent dans le cadre de la procédure d’alerte activée par la préfecture. Des contrôles de vitesse renforcés sont également annoncés.
Des particules désertiques en cause
L’épisode actuel est lié à une masse d’air chargée en particules désertiques. Ces particules viennent augmenter les concentrations de PM10, c’est-à-dire des particules en suspension dans l’air dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres. Ces particules peuvent être inhalées et provoquer une gêne respiratoire, notamment chez les personnes vulnérables ou sensibles.
Les femmes enceintes, les nourrissons, les jeunes enfants, les personnes de plus de 65 ans, les personnes asthmatiques ou souffrant de pathologies respiratoires ou cardiovasculaires doivent être particulièrement prudentes. En cas d’essoufflement, de sifflements, de palpitations ou de gêne respiratoire, il est recommandé de demander conseil à un pharmacien ou de consulter un médecin.
Les contrôles renforcés dans plusieurs secteurs
Les mesures ne concernent pas seulement les routes. La préfecture annonce aussi un renforcement des contrôles dans plusieurs domaines. Dans le secteur industriel, certaines opérations émettrices de pollution doivent être reportées, tout comme le démarrage d’unités à l’arrêt lorsque cela est possible. Les installations classées pour l’environnement feront l’objet de rappels de bonnes pratiques et de vérifications du bon fonctionnement des dispositifs de traitement.
Dans le transport routier, les contrôles porteront notamment sur la vitesse, le transit des poids lourds en agglomération, les vignettes de contrôle technique obligatoires, le respect du bridage des deux-roues motorisés et l’antipollution des véhicules. L’emploi du feu est aussi surveillé. Le brûlage à l’air libre, notamment des déchets verts, reste interdit, tout comme les feux d’agrément lorsqu’ils contribuent aux émissions polluantes.
Ce qu’il est conseillé de faire à la maison et au travail
Pendant cet épisode de pollution, les autorités recommandent de reporter les travaux d’entretien ou de nettoyage nécessitant l’utilisation de solvants, peintures ou vernis.
Il est également demandé de réduire l’usage des groupes électrogènes et de maîtriser la température dans les bâtiments, que ce soit pour le chauffage ou la climatisation. Le message est simple : éviter toutes les activités qui peuvent ajouter des polluants à un air déjà chargé en particules.
Des déplacements à limiter si possible
La préfecture recommande aussi de limiter l’usage de la voiture pour les trajets privés comme professionnels. Le covoiturage, les transports en commun, les parkings-relais, le vélo ou la marche sont à privilégier lorsque c’est possible. Les déplacements non indispensables peuvent être reportés. Pour les trajets courts, les modes de déplacement non polluants sont recommandés.
Les collectivités, employeurs et régies de transport peuvent aussi mettre en place des mesures complémentaires : adaptation des horaires de travail, télétravail, réduction des déplacements non obligatoires ou encore incitation à utiliser les transports collectifs.
Les recommandations pour les personnes fragiles
Les personnes vulnérables et sensibles doivent éviter les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, surtout aux heures de pointe. Les activités physiques et sportives intenses sont déconseillées, en plein air comme à l’intérieur. Les efforts les plus importants doivent être reportés. Il est également recommandé d’éviter les sorties durant l’après-midi, moment où les conditions peuvent être les plus défavorables.
Pour la population générale, il est aussi conseillé de réduire les activités sportives intenses et de rester attentif aux signes inhabituels : essoufflement, irritation, fatigue, gêne respiratoire ou palpitations. Cet épisode de pollution intervient dans un contexte déjà difficile, marqué par les fortes chaleurs. En Haute-Garonne, la journée de mercredi sera donc placée sous double vigilance : préserver sa santé, mais aussi limiter autant que possible les émissions supplémentaires.
















