Ce sont des Moissagais désemparés qui se sont mobilisés ce 29 juin devant l’établissement de santé, à l’occasion de la tenue d’un conseil de surveillance, à l’appel du comité de défense du CH Castelsarrasin-Moissac. Depuis mai, les urgences ferment à répétition, faute de médecins.
Au mois de juin, les urgences du centre hospitalier de Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, ont été contraintes à la fermeture totale (pendant 24h) ou partielle (pendant 12h) 5 à 7 fois. Au mois de mai, quasiment autant (5 à 6 fois) rapporte un infirmier.
L’argument entendu dans les rangs des manifestants, des soignants et dans la bouche du maire RN qui est membre du conseil de surveillance de l’hôpital : il n’y a pas assez de médecins pour assurer les remplacements en cas d’absence.
Ce sont des Moissagais désemparés, une soixantaine, qui se sont mobilisés ce lundi 29 juin devant l’établissement de santé, à l’occasion de la tenue d’un conseil de surveillance, à l’appel du comité de défense du CH Castelsarrasin-Moissac. Alors que le pays vient tout juste de connaître une période caniculaire et alors que la région s’apprête à accueillir les touristes en nombre.
Les Moissagais bravent le soleil brûlant pour manifester : « On ne fait pas du pognon sur la santé des gens »
Massés à l’ombre devant l’entrée de l’hôpital de Moissac, les manifestants bravent le soleil brulant de début d’après-midi pour dire leur désarroi de voir les urgences de leur commune fermer fréquemment. Mireille trouve cette restriction d’accès aux soins inadmissible : « Si on a besoin de se rendre aux urgences et qu’elles sont fermées, on vous amène où ? on vous amène au cimetière et puis éventuellement on vous offre un bouquet » ironise la retraitée. Elle ajoute, en regrettant dit-elle le manque d’anticipation de l’État : « C’est ridicule. C’est un manque de moyens. Et les moyens, on les a. Seulement, ils ne vont pas au bon endroit. Les moyens, c’est dans le public que ça doit aller. La santé, c’est pas une notion de rentabilité : on ne fait pas du pognon sur la santé des gens, qu’ils soient jeunes ou vieux. »
Gilles, ancien président comité de défense du CH Castelsarrasin-Moissac se souvient du jour où, inquiet d’une douleur à la mâchoire, il s’en va pour consulter les urgences de Moissac et trouve porte close : « Sur le coup, on ne sait pas ce qu’on a. J’étais pas bien du tout. J’appelle le 15 et ils me disent ‘on va vous prendre à Montauban, prenez votre voiture et venez’. » Gilles hausse le ton : « Je lui ai dit ‘vous vous foutez de moi ? Si je me casse la figure en cours de route, vous direz que je me suis endormi ou que j’avais bu. Je ne peux pas conduire.' » Quand les urgences de Moissac ferment, les patients sont ‘en effet envoyés vers les urgences de Montauban (Centre hospitalier ou clinique privée du Pont-de-Chaume) distantes de 30 kms.
Présent parmi les manifestants, le maire RN de la commune Romain Lopez, souligne que la dégradation de l’offre de soins impacte un bassin de 80 000 habitants : « C’est une population rurale, avec plus d’un tiers de retraités, donc une vulnérabilité accrue en période estivale, notamment lors des périodes de canicule. Et, qui plus est, nous sommes un territoire touristique.«
Le conseil municipal de Moissac a récemment, symboliquement, adopté un vœu de soutien au maintien des urgences. La fermeture du service des urgences est décidée 48 heures à l’avance, en fonction des absences des soignants.
Les urgences de Montauban accueillent en moyenne chaque jour une vingtaine de patients, elles sont fermées chaque soir de 20h à 8h.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555










