Le couperet est tombé. Le Conseil d’État a validé ce lundi l’autorisation environnementale de la future autoroute A69 entre Toulouse à Castres. Il rejette ainsi le recours des associations écologistes qui l’avaient sollicité après la décision de la cour administrative d’appel de Toulouse d’autoriser la poursuite du chantier, le 30 décembre 2025.
« Ni l’aménagement du réseau routier existant, ni la mise à deux fois deux voies de l’actuelle route nationale 126, ni l’amélioration de la liaison ferroviaire ne constituent une solution alternative satisfaisante », justifie l’instance dans un communiqué. Elle vante les mérites du projet, censé « améliorer le cadre de vie des riverains, procurer un gain de sécurité routière et contribuer au développement de l’agglomération castraise ».
« Le déni climatique est décrété »
Le collectif d’opposants à l’A69 La Voie est libre a aussitôt regretté la décision de la plus haute juridiction administrative française : « C’est officiel, dans un monde qui brûle, le déni climatique est décrété par la plus haute sphère du pouvoir juridique », ont-ils fustigé dans un communiqué. « La semaine où nous ressentons comme jamais les températures létales du mur climatique, le pire signal vient d’être envoyé par le Conseil d’État, incapable d’appliquer le droit face aux pressions du lobby politico-financier de l’A69. Ils valident le parfait emblème de notre fuite en avant », écrit encore ce collectif.
Sur X, la députée (LFI) de la deuxième circonscription de Haute-Garonne Anne Stambach-Terrenoir dénonce « une décision dramatique » qui risque selon elle de « créer une jurisprudence inédite contre les protections du droit environnemental ».
En pleine canicule historique, annonciatrice des années à venir, le Conseil d’Etat choisit de valider l’Autorisation Environnementale de l’#A69. Il accepte ainsi le passage en force du gouvernement sur un projet destructeur, inutile et décrié par les scientifiques.
C’est une…
— Anne Stambach-Terrenoir (@Anne_Stambach) June 29, 2026
Avec cette « décision dramatique », « industriels et autres grands bétonneurs seront encouragés à continuer à sacrifier nos sols et notre eau à leur seul bénéfice », a tempêté le groupe parlementaire Insoumis.
En revanche, le président PS du département du Tarn, Christophe Ramond, se réjouit dans un communiqué « de cette issue, attendue par les habitants, les entreprises, les salariés, les collectivités et tous ceux qui, depuis des années, défendent le désenclavement de notre territoire ».
Depuis le début des travaux en mars 2023, associations et scientifiques dénoncent les destructions de zones humides, de terres agricoles, d’arbres, d’écosystèmes et de nappes phréatiques liées à la construction de ce segment autoroutier de 53 km censé raccourcir d’une vingtaine de minutes le trajet entre Toulouse et Castres, qui nécessite aujourd’hui environ 1h15 de voiture.
Des opposants ont occupé à plusieurs reprises des arbres pour éviter leur abattage, tenté d’installer des zones à défendre sur le tracé et organisé des rassemblements de milliers de personnes, parfois émaillés d’incidents violents avec les forces de l’ordre.
Ce mardi matin sur France Info TV, le ministre des Transports a défendu le respect des procédures. « Le Conseil d’État s’est prononcé en droit, il a reconnu la raison impérative d’intérêt public majeur pour ce projet, qui a passé toutes les phases », a rappelé Philippe Tabarot. Il a ensuite répondu à l’accusation d’un projet abîmant l’environnement. « Aujourd’hui la route et l’autoroute se décarbonent beaucoup » notamment grâce à « l’électrification massive de notre parc automobile », a-t-il plaidé, et « il ne faut pas monter les modes de transport les uns contre les autres », a-t-il conclu, omettant la question de l’imperméabilisation des sols.













