Un adolescent de 16 ans a été violemment agressé ce lundi après-midi près de la gare de Colomiers. Roué de coups par une quinzaine de jeunes et dépouillé de son téléphone et de ses écouteurs, le lycéen a déposé plainte. Une enquête est en cours.
Lenny aura 17 ans demain. Ce mardi, l’adolescent devait penser à son anniversaire. Mais des flashbacks de violence le hantent. Son gros hématome à la nuque, ses plaies aux bras et au visage, son œil gauche marqué et ses douleurs au poignet, à l’avant-bras et aux côtes lui rappellent chaque coup. Ce lundi après-midi, il a été victime d’une violente agression près de la gare de Colomiers.
Le lycéen venait de terminer un cours de conduite entre 13 h 30 et 15 h 30. Il se dirigeait vers l’arrêt de bus pour rentrer chez lui lorsqu’un petit groupe de jeunes l’aurait abordé. L’adolescent raconte que trois ou quatre individus se sont rapprochés de lui pour lui demander s’il avait « quelque chose à fumer ». Il répond non.
L’un des jeunes passe derrière lui, ouvre son sac à dos à son insu et lui dérobe plusieurs billets. L’adolescent se retourne et l’aperçoit prendre la fuite. Face à lui, un autre jeune se jette alors dans sa direction. Lenny dit avoir tenté de se défendre en portant un coup de poing.
C’est à ce moment-là qu’une quinzaine de jeunes auraient accouru. « Ils m’ont tous, sans exception, roué de coups », explique la victime. Coups de poing, coups de pied, chute au sol. Le lycéen se recroqueville pour se protéger. La scène dure une dizaine de secondes avant qu’un chauffeur de bus ne s’arrête à leur hauteur et ne mette le groupe en fuite.
« Tu viens avec moi, on va porter plainte… »
Mais l’agression ne s’arrête pas là. Une fois le bus reparti, plusieurs jeunes sont revenus vers lui. L’un aurait tenté de lui porter un coup de poing. Un autre, plus petit, se serait saisi d’une grosse branche trouvée au sol avant de le frapper à l’arrière du crâne. L’adolescent dit avoir ensuite paré plusieurs coups avec son avant-bras gauche. Son téléphone portable disparaît. Ses AirPods tombent de sa poche et sont ramassés par l’un des agresseurs présumés.
Trois témoins finissent par s’approcher de lui. Ils s’inquiètent de son état, lui prêtent un téléphone pour appeler son père et l’accompagnent jusqu’au commissariat de Colomiers. « Des jeunes filles criaient, raconte l’un des témoins, âgé de 19 ans. Je suis descendu. Ils continuaient. J’ai dit à la victime : ‘Tu viens avec moi, on va porter plainte contre tes agresseurs.’ Ils sentaient l’alcool et la drogue. Je ne comprends pas comment on en arrive à de tels niveaux de violence. » Le jeune homme regrette aussi de ne pas avoir filmé la scène, qui aurait pu, selon lui, aider les enquêteurs.
Le père de la victime, Christophe, est arrivé peu après. La voix encore tendue, il décrit un adolescent « sans embrouille », lycéen, qui rentrait simplement chez lui. « Mon fils s’est fait lyncher par 15 jeunes près de la gare. Ça commence à devenir catastrophique. Heureusement qu’un chauffeur est intervenu, sinon je pense qu’il y restait, avec des morceaux de bois dans la tronche. »
« La peur doit changer de camp »
Pour Christophe, la scène réveille une angoisse plus vaste. Il pense à Louis, cet adolescent de 17 ans décédé après avoir été attiré dans un guet-apens puis lynché sur un chantier à Narbonne dans la nuit du 19 au 20 juin. « Ça aurait pu être lui. J’aurais pu le récupérer à la morgue », souffle-t-il. Son fils, lui, n’a pas dormi de la nuit.
Quelques heures après l’agression, le père est retourné sur les lieux. Sur une pancarte accrochée près de l’endroit où son fils affirme avoir été roué de coups, il a laissé exploser sa colère : « Aux 15 petites putes qui ont lynché mon fils à 15 h 55, je vous confirme, la fête est finie. Ps : courez au commissariat vous mettre en sécurité. » Des mots crus, violents, assumés par un père encore sous le choc. « Je ne vais pas me faire justice moi-même, assure-t-il. Je veux juste que la peur change de camp. »
Selon les premiers éléments, les jeunes mis en cause pourraient être impliqués dans d’autres agressions. Une enquête de police est en cours afin d’identifier les auteurs présumés, de préciser le rôle de chacun et de déterminer si ce groupe est lié à d’autres faits commis dans le secteur. L’adolescent, lui, attend désormais un examen médico-légal. Son père affirme s’être vu proposer un rendez-vous au 22 juillet. Trop tard, selon lui, au regard de la violence subie.
La plainte a été déposée. À la veille de ses 17 ans, le lycéen ne fête rien. Il sent par pulsations les douleurs laissées par ses agresseurs.













