Après la mort du jeune Louis à Narbonne, une mère toulousaine sort du silence. Son fils de 14 ans, scolarisé au collège Pierre-de-Fermat à Toulouse, subit depuis plusieurs mois des violences physiques, du harcèlement sur les réseaux sociaux et des menaces de mort. Elle raconte son calvaire et alerte sur une violence juvénile qu’elle juge de plus en plus inquiétante.
C’est une mère en colère et « à bout » qui a décidé de parler « de ce qui se passe en France dans les écoles ». Un choix motivé par l’agression et le meurtre du jeune Louis à Narbonne par un groupe de jeunes, le 19 juin dernier. Son témoignage, publié sur Instagram, a été largement relayé et partagé.

Installée en France depuis douze ans après avoir quitté l’Afrique du Sud, Mari-Louise Basson a fait ce choix avec son compagnon de l’époque dans l’espoir d’offrir un environnement plus sûr à leur enfant.
Un espoir largement ébranlé, dit-elle, depuis l’entrée de son fils, aujourd’hui âgé de quatorze ans, au collège Pierre-de-Fermat, à Toulouse.
« La première agression remonte à la sixième. Mon fils a été étranglé puis frappé au visage par un élève de troisième alors qu’il était au sol. C’est lui qui m’a appelée ensuite pour me dire qu’il avait mal à la tête. Nous avons porté plainte et l’élève a été exclu quelques jours », raconte-t-elle.
Menacé avec une barre de fer
Depuis, la situation n’aurait cessé de se dégrader.
En mars dernier, selon sa mère, l’adolescent aurait été intercepté à la sortie de l’établissement par un groupe de six jeunes âgés de quatorze à dix-sept ans. « Ils l’ont menacé avec une barre de fer et l’ont forcé à les suivre. » Elle affirme qu’il aurait ensuite été contraint de prononcer des obscénités, filmées puis diffusées sur les réseaux sociaux.

« L’établissement nous a expliqué que les faits ayant eu lieu à l’extérieur, cela ne relevait pas de sa responsabilité. Nous avons de nouveau déposé plainte. »
Deux mois plus tard, estimant que rien n’avait changé, les parents décident finalement de retirer leur fils du collège après une nouvelle série d’incidents.
« Mi-mai, des accusations accompagnées de photos de mon fils et de nos informations personnelles ont été diffusées sur TikTok et Snapchat. On a reçu des menaces extrêmement graves par SMS, mails, appels, du genre « on va tuer ton enfant » ou « on va tous vous retrouver ». Ça a duré tout un week-end. Peu après, il a aussi été agressé à l’intérieur du collège. Il a dû s’enfermer dans les toilettes avant d’être secouru par un surveillant. »
« Pourquoi les réseaux sociaux ne sont-ils pas interdits aux adolescents ? »
À l’heure du déjeuner, alors que Mari-Louise était venue chercher son fils à la sortie, la situation bascule une nouvelle fois.
« Une trentaine de jeunes l’entouraient, ils criaient, l’insultaient, le menaçaient. J’ai dû le mettre à l’abri dans le commerce d’une amie. Une bouteille m’a été lancée au visage. Heureusement, une patrouille de police était dans le quartier, ce qui a fait fuir les agresseurs. »
Selon Mari-Louise, une nouvelle plainte a alors été déposée, sans qu’une réponse satisfaisante n’ait suivi. « Je contribue à l’économie, je crée des emplois, je ne profite pas du système. Mais je vis une insécurité ici aussi forte qu’en Afrique du Sud. Ce qui me choque, c’est que les établissements en France ne sont pas préparés à gérer la mixité, les conflits. Je ne vise pas les profs, mais vraiment la direction. »
Son fils ne retournera plus au collège Fermat. À la rentrée prochaine, il suivra désormais des cours à distance, encadré par sa mère.
« Aujourd’hui, j’ai peur pour mon fils, mais aussi pour les autres enfants. Les réseaux sociaux décuplent la violence, la normalisent. Les enfants filment tout, partagent tout. Je ne comprends pas pourquoi on n’interdit pas leur usage avant l’âge de dix-huit ans. »
La réponse du rectorat
« Dès qu’elle a eu connaissance des faits graves de violence au voisinage de l’établissement, la direction a réagi, en lien avec les différents partenaires concernés, précise le rectorat de l’académie de Toulouse. Le collège a immédiatement fait appel aux forces de l’ordre. Les parents de Liam ont été reçus à plusieurs reprises afin de faire le point sur la situation et rechercher les réponses les plus adaptées. Ainsi, une mesure conservatoire a été mise en place afin de le protéger tout en lui permettant de poursuivre sa scolarité dans les meilleures conditions possibles.
Plus largement, le collège est particulièrement vigilant face à toutes les formes de violence, qu’elles surviennent au sein de l’établissement ou à ses abords. Les équipes éducatives sont pleinement mobilisées pour prévenir ces situations, accompagner les élèves concernés et assurer un climat scolaire serein. L’établissement travaille également en étroite collaboration avec les forces de l’ordre afin de renforcer la sécurité aux abords du collège et de garantir la protection de tous les élèves. »














