Toilettes inadaptées, impossibilité de descendre sur le quai lors d’un arrêt prolongé, manque d’assistance… Après un trajet entre Lyon et Toulouse perturbé par un important retard, Kévin Fermine, voyageur toulousain en fauteuil roulant, dénonce plusieurs défaillances de la SNCF dans la prise en charge des personnes en situation de handicap. Contactée par La Dépêche du Midi, l’entreprise ferroviaire conteste une partie des faits reprochés, tout en regrettant que Kévin Fermine ait eu le sentiment de ne pas avoir été sufisamment accompagné.
La SNCF offre t-elle une accessibilité suffisante pour les personnes en situation de handicap ? La réponse est non pour Kévin Fermine, voyageur toulousain en fauteuil roulant. L’homme dénonce des « manquements répétés à l’assistance et à l’accessibilité » lors d’un trajet en TGV du mardi 7 juillet.
Kévin Fermine dénonce un voyage « particulièrement éprouvant »
Les faits reprochés se sont déroulés à bord du TGV INOUI n°6823 reliant les gares de Lyon Part-Dieu et de Toulouse-Matabiau. L’homme raconte avoir été « confronté à une succession de difficultés » qui ont rendu son voyage « particulièrement éprouvant ». Si le train a subi un important retard – près de 5h au total – Kévin Fermine ne reproche en aucun cas cet imprévu. « Je sais faire la part des choses, je dénonce les conditions de prise en charge », déclare-t-il à La Dépêche du Midi.
Depuis plusieurs années, il condamne les problèmes d’accessibilité dans les trains SNCF. Il attend actuellement la décision de la Cour européenne des droits de l’homme concernant une précédente affaire.

Dans son dernier récit, l’homme affirme avoir été contraint de rester à bord du train lors d’un arrêt prolongé en gare de Sète, alors que le reste des passagers a pu descendre. « J’ai demandé à en faire de même. Le chef de bord m’a répondu que cela n’était ‘pas judicieux’, au motif que l’heure de reprise du trafic était inconnue. »
Selon les informations de la SNCF, contactée par nos soins, le chef de bord du train concerné n’a pas refusé la descente de M. Fermine à Sète. Il « devait s’assurer de pouvoir l’accompagner dans de bonnes conditions de sécurité. Selon le chef de bord, M. Fermine lui aurait finalement indiqué ‘laissez-tomber’, ce qu’il a interprété comme un renoncement à cette demande. »
Un échange que Kévin Fermine confirme mais auquel il souhaite apporter une précision. « Il m’a tellement dit que ce n’était pas possible, que je n’ai pas voulu insister éternellement. Il m’a bien fait comprendre que si je sortais, je n’étais pas certain de pouvoir retourner dans le train avant son redémarrage ».
« C’est indigne de laisser les gens bloqués dans des trains »
Mais l’homme dénonce aussi l’accessibilité des toilettes, auxquelles il n’a pas eu accès car elles ne disposaient pas d’un espace suffisant pour accueillir son fauteuil roulant. Il met aussi en cause le manque d’assistance au moment où son accompagnateur a quitté le train pour terminer son trajet.
« Je n’ai pas eu de prise en charge. Les contrôleurs étaient débordés, je ne leur en veux pas, mais cela ne peut pas tout justifier. Il faut que les procédures évoluent au sein de la SNCF. C’est indigne de laisser les gens bloqués dans des trains. Je devais faire un voyage de 4h qui a finalement duré 9h sans pouvoir accéder aux toilettes correctement. C’est quand même très problématique », affirme Kévin Fermine.
« Le chef de bord explique qu’il n’a pas pu se rendre immédiatement auprès de M. Fermine en raison du volume de sollicitations liées au retard. Il indique avoir été ensuite alerté par l’accompagnateur de M. Fermine et avoir rétabli la fonctionnalité de la porte des toilettes », se défend la SNCF.
Mais pour Kévin Fermine, un autre modèle est possible. Il l’a constaté lors de voyages à l’étranger. « Par exemple, Eurostar dispose de toilettes parfaitement accessibles. En Suisse, on peut réserver une assistance une heure avant le voyage, en France, c’est 24h. Ce n’est pas compréhensible », explique-t-il à La Dépêche du Midi.
La SNCF rembourse intégralement le billet
L’entreprise ferroviaire affirme toutefois ne pas remettre en cause « le ressenti de M. Fermine » et regretter « qu’il ait eu le sentiment de ne pas avoir été suffisamment accompagné ». La SNCF indique accorder un remboursement de 100 % du billet de Kévin Fermine, « un geste allant au-delà de l’indemnisation de 75 % proposée aux autres voyageurs de ce train ». Un remboursement qui se matérialise en bon d’achat digital à utiliser pour un prochain voyage.
Face à toutes ces difficultés, Kévin Fermine annonce avoir saisi la Défenseure des droits le mercredi 8 juillet. Il tient cependant à « souligner que ces difficultés sont apparues uniquement après le changement d’équipage intervenu en gare de Montpellier. »








