Collines douces qui ondulent à perte de vue, vignes qui grimpent les coteaux, clochers médiévaux qui surgissent au détour d’une route de campagne et lumière du soir qui teinte tout d’or. En Occitanie, plusieurs villages portent le surnom de “Toscane” comme un titre de noblesse, et ils le méritent pleinement.

Castelnau-de-Montmiral (Tarn) : la place médiévale au milieu des vignes
C’est l’un des pivots de ce que Tarn Tourisme a officiellement baptisé la “Toscane Occitane”, un territoire qui s’étend entre Gaillac, Cordes-sur-Ciel et les collines du plateau cordais. Village classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Castelnau-de-Montmiral s’accroche à son éperon rocheux depuis le XIIIe siècle, entouré d’un vignoble planté là il y a plus de 2 000 ans.
La place des Arcades, avec ses couverts en ogive et ses façades de pierre, n’a quasiment pas bougé depuis le Moyen Âge, d’autant que le village a résisté à la guerre de Cent Ans sans jamais céder. Depuis les hauteurs du bourg, le regard se perd sur les collines plantées de vignes qui s’enchaînent à l’infini, avec ces cyprès épars qui font penser à la campagne autour de Florence.
Puycelsi (Tarn) : la forteresse dans les bois, avec une vue féérique sur la vallée
À une poignée de kilomètres, toujours dans la Toscane Occitane tarnaise, Puycelsi joue dans la même catégorie mais avec un profil différent. Construit sur un éperon rocheux, ceint de remparts du XIIIe siècle encore en grande partie debout, il est surnommé “la forteresse dans les bois” à cause de la forêt de la Grésigne qui l’entoure.
En parcourant l’ancien chemin de ronde, qui longe les murailles sur 800 mètres, on débouche sur des panoramas à couper le souffle sur la vallée et les vignobles en contrebas. Au coucher du soleil, la lumière transforme l’ensemble en tableau vivant, ce qui n’a pas échappé aux amateurs de photographie qui s’y rendent de plus en plus nombreux. Lui aussi labellisé Plus Beaux Villages de France, Puycelsi confirme que le Tarn a quelque chose d’unique dans la manière dont ses villages perchés dialoguent avec leurs vignobles.
Lavardens (Gers) : les collines d’Armagnac à la gersoise
Direction le Gers, puisque la ressemblance avec la Toscane ne se limite pas au Tarn. Dans la vallée de la Lomagne, que les habitants appellent sobrement “la petite Toscane“, le village de Lavardens est l’un des tableaux les plus frappants. Les maisons sont regroupées autour d’un château du XVIIe siècle devenu centre artistique et culturel, et l’ensemble se découpe sur un fond de collines douces qui ondulent jusqu’à l’Armagnac.
La ressemblance tient à cette géographie particulière du Gers, un département aux courbes vallonnées où les clochers ponctuent l’horizon exactement comme dans les environs de Sienne ou de Lucques. La comparaison est d’ailleurs ancienne, puisque la capitale de la Lomagne, Fleurance, fait écho à Florence, dont elle ne diffère que de quelques lettres.
Auvillar (Tarn-et-Garonne) : une place triangulaire unique en France
Un peu plus au nord, à la limite du Tarn-et-Garonne, Auvillar intrigue par un élément architectural qu’on ne trouve nulle part ailleurs en France : une place triangulaire, au centre de laquelle trône une halle circulaire en briques roses, entourée de maisons à pans de bois dont certaines remontent à l’Ancien Régime.
Depuis les hauteurs du village, la vue plonge sur la vallée de la Garonne avec ses grandes plaines agricoles, ce qui rappelle immédiatement les campagnes toscanes vues depuis leurs bourgs perchés. Auvillar est une étape du chemin de Compostelle, et cette fréquentation ancienne lui a valu de conserver une cohérence architecturale rare, sans restauration visible ni effet de façade.
Lisle-sur-Tarn (Tarn) : la bastide viticole au bord de l’eau
Moins connue que ses voisines perchées, Lisle-sur-Tarn complète le tableau avec une personnalité bien à elle. C’est une bastide médiévale en brique rose, au bord du Tarn, avec une place à couverts qui accueille un marché et donne sur des façades ocre-rouge caractéristiques du Sud-Ouest.
Ce sont les vignobles de Gaillac qui l’entourent, s’étirant de coteau en coteau, et c’est précisément cette alliance entre l’architecture de briques, la rivière en contrebas et les vignes à perte de vue qui lui donne ces airs italiens, loin du cliché du village perché mais fidèle à l’idée d’un territoire façonné par la vigne depuis des siècles.
Cet été, ces cinq villages sont accessibles en moins de deux heures depuis Toulouse. Autant de raisons de ne pas attendre l’année prochaine pour organiser l’escapade.


















