Bruit, déchets et poussière… La construction d’une résidence rue Mespoul à Toulouse perturbe le quotidien des habitants. Les voisins directs du chantier s’énervent de ces travaux devenus insupportables. Malgré une fin prévue pour 2027, ils dénoncent un manque de communication de la part de l’entreprise en charge du projet et témoignent de leur ras-le-bol. On vous raconte ce conflit qui dure depuis plus de deux ans.
Ils vivent l’enfer en plein cœur de Toulouse… Rue Mespoul, à 250 mètres du Palais de Justice, les travaux de construction d’une résidence rythment le quotidien des habitants alentour depuis maintenant deux ans. Dès 6 h ou 7 h du matin, le chantier s’anime dans un fracas quotidien. Bruit, poussière et déchets font partie du paysage. Une situation qui devient insupportable pour les riverains. Pour Karen et Sandrine, voisines directes du chantier, le vase est plein.
« Il n’y a plus de vie ici »
Depuis deux ans, Karen, cette mère de famille habitant tout proche du Palais de Justice, vit l’enfer. Le responsable : le chantier qui se tient juste à côté de chez elle. Elle déplore : « Mon jardin est devenu trop sec avec la poussière des travaux ». Alors qu’elle ne peut plus y jardiner avec ses filles, les problèmes ne s’arrêtent pas là : « Avec la poussière et le bruit, impossible également d’ouvrir les fenêtres pour créer un courant d’air », ajoute-t-elle. Le regard amer posé sur son jardin, elle estime : « Il n’y a plus de vie ici. J’ai même dû baisser le prix de ma chambre en location de 30 euros. » Cette dernière estime avoir perdu 4 000 euros de bénéfice sur l’année passée.
Du côté du cinquième étage, Sandrine et Philippe sont installés juste en face de ce même chantier de rénovation. Ils subissent de plein fouet les projections de détritus : « Il y a constamment du polystyrène sur notre terrasse », s’agacent-ils. Face aux désagréments répétés, le couple a décidé de lancer une pétition, « C’est le linge que l’on ne peut plus sécher, c’est les plantes que l’on ne peut plus planter, le télétravail, c’est un enfer », s’emporte l’habitante.
« Ça fait deux ans que ma vie est pourrie »
Même si les travaux devraient prendre fin au deuxième trimestre de 2027, les habitants pointent du doigt les problèmes endurés. Karen veut néanmoins être claire, « nous ne sommes pas contre les travaux, nous ne l’avons jamais été, on sait bien que le quartier mérite un coup de neuf. »
Ce qu’ils reprochent avant tout, c’est le manque de communication, « nous ne sommes au courant de rien. On ne sait pas quand il va y avoir de la poussière, s’ils travaillent le samedi, ou s’ils vont commencer à 6 h », indique la mère de famille. Malgré de nombreux mails échangés avec le promoteur immobilier, ICADE, les réponses ne suffisent pas à apaiser leur quotidien. « Aujourd’hui, ça fait deux ans que ma vie est pourrie », tranche Sandrine.
Transparence des opérations
Les riverains réclament un peu plus de transparence sur le planning des opérations, la mise en place de gaines d’évacuation des gravats – pour éviter les projections -, mais surtout l’installation de plaques anti-bruit. Deux réunions ont eu lieu, sans apaiser les tensions, poussant Karen à mettre en demeure le promoteur.
Conscient de l’ampleur du chantier, ce dernier ne se voile pas la face : «Le contexte urbain dense dans lequel nous agissons génère des nuisances», admet le promoteur. Pour désamorcer le problème du bruit, la stratégie repose sur la préfabrication d’une partie des éléments hors du site. En parallèle, une newsletter d’information a été mise en place. Le promoteur indique vouloir «limiter les impacts et rester à l’écoute des riverains.»












