Canicule à répétition, sécheresse, cultures en souffrance, élevages fragilisés… En Haute-Garonne, les agriculteurs traversent un été 2026 particulièrement difficile. Face à des récoltes en forte baisse et à des trésoreries sous tension, les syndicats agricoles tirent la sonnette d’alarme et réclament des mesures concrètes, notamment sur la gestion de l’eau. Si le constat est largement partagé, la chambre d’agriculture veut encore croire à des perspectives d’avenir, à condition d’agir rapidement. Tous témoignent de cette situation.
Canicule à répétition, sécheresse, manque d’eau… En cet été 2026, les agriculteurs de Haute-Garonne dressent un constat alarmant. Entre les conséquences du changement climatique et des difficultés économiques déjà bien installées, beaucoup jugent leur situation critique et appellent les pouvoirs publics à agir rapidement. Syndicats agricoles et Chambre d’agriculture livrent un diagnostic partagé, même si certains veulent encore croire à des perspectives d’avenir.
« 50 % du maïs sera foutu »
Le constat est sans appel. « 50 % du maïs sera foutu. C’est dramatique », alerte Amaury de Faletans, secrétaire général de la FDSEA 31. Cultures irriguées, cultures en sec, élevages… aucun secteur n’est épargné. Pour les représentants agricoles, le changement climatique, conjugué à une réponse jugée insuffisante des pouvoirs publics, plonge la profession dans une situation sans précédent.
« On sort d’une période où les récoltes d’hiver ont été noyées et celles d’été seront brûlées. À cette perte de rendement s’ajoutent la hausse du prix des engrais, des carburants et les conséquences du changement climatique. La situation est plus que tendue », tranche Tristan Fava d’Albert, représentant des Jeunes Agriculteurs. Même inquiétude du côté de la Coordination rurale. « Il y a des éleveurs qui n’ont même pas la moitié de leurs récoltes. Nos animaux ont déjà commencé à consommer le fourrage prévu pour l’hiver. Certains agriculteurs sont même contraints de vendre une partie de leurs bêtes », déplore Éric Massou.
Le président des Ultras de l’A64, Jérôme Bayle, partage ce diagnostic. « Les rendements baissent, les charges explosent. Si l’on continue comme ça, 15 à 20 % des agriculteurs ne tiendront pas », prévient-il.

La gestion de l’eau au cœur des inquiétudes
Alors que les épisodes de fortes chaleurs et de canicule se succèdent, un sujet concentre toutes les préoccupations : l’eau. Tous dénoncent une gestion insuffisante de la ressource. « Cet hiver, on avait trop d’eau. Cet été, on n’en a plus. Entre les deux, on a simplement oublié de la stocker », ironise Tristan Fava d’Albert. Même constat pour Jérôme Bayle : « Il y a trois mois, 70 % du pays était placé en vigilance pour les orages et les inondations. Où est passée toute cette eau aujourd’hui ? ».
Pour les représentants agricoles, il est désormais urgent de passer de la parole aux actes. « Il faut absolument apprendre à stocker cette eau et ne pas nous imposer des restrictions dans les prochains jours. On est capables de construire des lacs, alors faisons-le. Ce sont aussi des réservoirs de biodiversité. Nous parlons de petites retenues de 100 000 à 200 000 m³ », poursuit Amaury de Faletans. Une position partagée par Christian Déqué, président de la Chambre d’agriculture de Haute-Garonne. « Cela fait longtemps que nous demandons la création de réserves, alors que l’eau est un bien commun pour tous », rappelle-t-il.
Des solutions plutôt que des aides ponctuelles
Dans ce contexte particulièrement tendu, les organisations agricoles multiplient les demandes auprès de l’État : elles ne veulent pas uniquement des aides financières d’urgence. « Nous voulons des solutions concrètes, une véritable concertation au plus près des territoires et que l’État redonne davantage de pouvoir aux régions afin que chaque préfet puisse adapter les décisions aux réalités locales », estime Jérôme Bayle.
La Coordination rurale réclame également « une année blanche, moins de charges et des aides permettant aux exploitations de continuer à travailler ». Les Jeunes Agriculteurs mettent, eux aussi, l’accent sur les difficultés de trésorerie. « Il y a un réel besoin de trésorerie. Aujourd’hui, on nous propose parfois des avances qu’il faudra rembourser. Ce que nous demandons, ce sont de vraies aides. Sinon, ça ne servira à rien pour les exploitations qui sont déjà au bord de la rupture », expliquent-ils.
Malgré ce tableau très sombre, Christian Déqué veut encore croire à un avenir possible. « Quand on dispose d’eau pour sécuriser les cultures, il existe de vraies perspectives. La Région et le Département travaillent au développement des circuits courts afin que davantage de valeur revienne aux agriculteurs. Il y a donc encore de l’espoir, mais il faut agir dès maintenant », conclut-il.












