Chaque été, ils prolifèrent dans les jardins, les haies ou les cabanons. À Toulouse, Sébastien Sieurac, patron de DD Frelons, intervient presque quotidiennement pour détruire des nids de guêpes et de frelons qui se nichent dans des cabanes, au fond des jardins, dans les arbres et parfois dans des lieux improbables. Nous l’avons suivi lors d’une intervention, aux prises avec des guêpes germaniques…
« Là, il doit bien faire 30 centimètres. » En désignant une petite cabane en bois en bordure d’un jardin, route de Revel à Toulouse, Sébastien Sieurac sait déjà ce qui l’attend. Derrière une cloison, un imposant nid de guêpes s’est installé. À vue d’œil, près de 2 000 individus y grouillent. Quelques minutes plus tard, le patron de DD Frelons s’apprête à leur faire face.

Avant d’approcher, l’homme, qui exerce ce métier depuis 2004, enfile méthodiquement son équipement. Bottes de pluie, combinaison épaisse, capuche munie d’une grille de protection… « C’est la plus légère que j’ai », sourit-il, ses lunettes connectées Meta déjà sur le nez. À ses côtés, une poudreuse électrique, sorte de lance reliée à un réservoir rempli d’un insecticide à base de perméthrine. « Pour un nid comme celui-ci, il faut une trentaine de grammes. »
L’alerte concernait au départ des frelons. En réalité, il s’agit de guêpes. « C’est très fréquent. Les frelons tournent souvent autour des nids pour venir les chasser », explique le spécialiste. Plus précisément, des guêpes germaniques, l’une des espèces les plus répandues en France. Carnivores, elles capturent mouches, chenilles ou moustiques pour nourrir leurs larves, avant d’être davantage attirées par les aliments sucrés à la fin de l’été. Un cas loin d’être anodin. « Imaginez un enfant qui entre dans cette cabane sans avoir vu le nid. Ça peut être vraiment terrible. »

Une intervention d’à peine quelques minutes
À genoux, Sébastien s’engouffre dans l’étroit cabanon. À peine la poudre commence-t-elle à être projetée que des centaines de guêpes jaillissent. En quelques secondes, elles encerclent le spécialiste. « Elles suivent les phéromones déposées sur la combinaison », glissait-il plus tôt. La poudre, propulsée grâce à de l’air, pénètre au cœur du nid. Les insectes présents meurent rapidement ; ceux qui étaient partis chasser reviendront ensuite au nid, avant d’être contaminés à leur tour.
Une fois le traitement terminé, le nid n’est pas retiré. Il restera sur place et se décomposera naturellement. « C’est rare de voir un nid de guêpes germaniques aussi gros », observe encore le professionnel.
Chez DD Frelons, les guêpes et les frelons représentent à eux seuls près de 70 % du chiffre d’affaires pendant les quatre mois où ces insectes prolifèrent. Le reste de l’année, l’entreprise toulousaine intervient principalement pour des opérations de dératisation et d’éradication d’autres nuisibles. Chaque été, pourtant, les guêpes restent les reines des interventions.









