Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a adressé une sèche mise en garde à l’élu d’opposition et député Insoumis François Piquemal qui a appelé les futurs époux à refuser « la droite radicale » au profit d’un élu LFI pour la célébration de leur mariage. Le premier magistrat dénonce un manquement au principe de neutralité et menace son adversaire de lui retirer la possibilité de marier.
La polémique sur les mariages à Toulouse se poursuit avec, ce 13 août, un rappel à l’ordre adressé par le maire, Jean-Luc Moudenc, au conseiller municipal d’opposition et député Insoumis François Piquemal. Un rappel à l’ordre sous la forme d’une lettre de plus de deux pages rédigée sur un ton sans appel qui se conclut par une mise en garde en bonne et due forme. Si les « manquements » que dénonce le maire n’étaient pas corrigés et « les règles élémentaires strictement respectées », Jean-Luc Moudenc pourrait retirer à François Piquemal la possibilité de célébrer les mariages.
La semaine dernière, dans une vidéo, l’élue chargée des célébrations, Nathalie Capdevielle, avait dénoncé le comportement de François Piquemal qui avait tourné une vidéo à voix « très, très haute » depuis le fond de la salle des Illustres pendant qu’elle officiait. « Un manque de respect ! » avait-elle stigmatisé.
L’élue visait aussi une « politisation » des mariages de la part de l’Insoumis qui déclare aux Toulousains qu’ils peuvent refuser d’être mariés par « la droite radicale » au profit d’un élu LFI. François Piquemal avait réagi en évoquant un incident « minime » monté en épingle.
« Un comportement inadapté »
Dans sa lettre, Jean-Luc Moudenc reprends le cadre légal des célébrations. D’abord pour dire que si un élu d’opposition peut effectivement célébrer un mariage, ce n’est pas un droit mais « un simple usage » quand les futurs époux le demandent. Un usage qu’il accorde « depuis toujours » mais qui relève de sa seule volonté car la loi ne l’y oblige pas.
J’ai rappelé à l’ordre le conseiller municipal d’opposition, François Piquemal, sur la célébration des mariages.
Un mariage républicain n’est ni une tribune politique, ni un terrain de militantisme, ni l’endroit pour se mettre en scène de façon égotique à la recherche de… pic.twitter.com/rDHbhEqqzX
— Jean-Luc Moudenc (@jlmoudenc) August 13, 2026
Surtout, le maire s’oppose à ce qu’il considère à son tour comme « une politisation » du mariage qui contrevient « au respect du principe de neutralité ». « La célébration du mariage n’est ni le moment ni le lieu pour s’adonner au débat politique. » Et « force est de constater que vous ne respectez ni la lettre ni l’esprit de cette mission qui vous est confiée » et que « votre comportement est inadapté ».
Jean-Luc Moudenc revient ensuite sur l’incident qui a tout provoqué : « un manquement aux règles élémentaires de bienséance ». Mais aussi sur un autre événement : un mariage du 25 juin que François Piquemal devait célébrer mais auquel il n’est pas venu « sans prendre la peine de prévenir ».
L’élu Insoumis a aussitôt réagi, lui aussi par un courrier rendu public, en appelant Jean-Luc Moudenc « à la raison ». Joint par téléphone, François Piquemal assure « ne pas faire plus de politique que n’importe qui », pas pendant les cérémonies en tout cas. « Je ne vois pas trop où est le souci. C’est encore un incident ridicule. »
« Jean-Luc Moudenc veut faire croire que j’ai un comportement inadapté mais sa volonté profonde est de m’interdire de marier les gens. Qu’il le dise clairement ! Je comprends qu’il soit désarçonné par le nombre de demandes de célébrations que nous recevons. Mais cela dit à quel point il a fracturé la ville. »
Au sujet du mariage du 25 juin, François Piquemal dément et affirme qu’il y a eu « un imbroglio sur la date avec les services qui l’ont reconnu ».













