Victorieux du derby, ce samedi 3 octobre à Pierre-Fabre (8-7), le quadruple champion de France toulousain a réussi à très rapidement souder son groupe pour faire fi des aléas dans son effectif.
« On a passé des années à venir avec des équipes comme ça, prétendues comme ça, et prendre des branlées ici. Franchement, les mecs, il y a longtemps que je n’avais pas vu un match de mecs comme ça. » Le message, capté samedi soir à Pierre-Fabre par les caméras de Canal +, est signé Ugo Mola.
Sitôt le derby gagné avec une équipe remaniée et considérablement rajeunie (24 ans de moyenne d’âge), le manager « rouge et noir », qui n’ignore pas que ses prises de parole n’échappent jamais au diffuseur, avait des messages à faire passer. À ses joueurs comme aux personnes qu’il range dans la catégorie des détracteurs : « Donc, la formation du club… Tout ce qu’ils nous mettent dans la gueule, partout ! Ils peuvent expliquer ce qu’ils veulent… C’est vous qui vous l’êtes pelé ce soir ! Donc bravo à vous, bravo à la formation de ce putain de club et qu’ils continuent à nous foutre ce qu’ils veulent dans le c*l, on continuera à gagner ! Bravo les mecs ! »
« On a réussi à être dominants et impactants devant sur les contacts »
Un discours on ne peut plus clair qui visait avant tout à souligner l’énorme investissement dont ont fait preuve les 23 Toulousains présents sur la pelouse de Pierre-Fabre. Une constante depuis la réception de Bordeaux-Bègles, les « rouge et noir » démontrant une capacité à rester solides et solidaires sur les périodes de domination adverse. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les jeunes, intégrés plus massivement qu’à l’accoutumée entre les (nombreux) blessés et les joueurs à faire souffler, se sont mis au diapason.
« C’était important pour nous de se mettre en confiance, de montrer qu’on peut jouer avec l’équipe première sans être déconnant et en apportant que du positif, relevait Roméo Bonnard-Martin. Et là, je pense qu’on l’a bien montré. Tout le groupe est très content et fier de ce qu’on a pu faire. »
Car physiquement, comme le soulignait Mola, les louveteaux « rouge et noir » n’ont pas dépareillé dans le combat. « Cela nous tenait à cœur, physiquement, devant, d’essayer de les dominer, même avec de jeunes joueurs, poursuivait le polyvalent deuxième-troisième ligne. C’était vraiment important pour nous. On a bossé toute la semaine, on l’a répété et je pense qu’on a réussi à être présents, à être dominants et impactants devant sur les contacts. »
Samedi soir, les Toulousains n’avaient pas effectué le plus court déplacement de la saison dans l’espoir de révolutionner le rugby, mais ils ont ramené du derby bien d’autres motifs de satisfaction. « Ce n’était peut-être pas, en termes de contenu, le match le plus abouti. Mais en termes d’état d’esprit, de défense, je pense que c’était un des plus excitants qu’on ait eu à vivre », appréciait David Mélé, l’entraîneur adjoint.
« C’était énorme »
Et si cette victoire a été rendue possible, c’est aussi parce que la mayonnaise entre jeunes et anciens a pris dès le lundi. Avec le rôle prépondérant de ces derniers dans l’accompagnement. « Ils ont permis à ces jeunes joueurs de jouer libérés et de pouvoir vraiment exposer tout leur talent », confirmait l’ancien demi de mêlée.
« Ils ont pris vraiment leur rôle de leader à cœur, poursuivait-il. Avec leur expérience, ils ont réussi à fédérer et aussi à les calmer, à leur enlever un maximum de pression, en leur parlant toute la semaine. Et ça a permis à tout le monde de jouer un match de haute intensité avec pas mal de sérénité. »
« C’était énorme. Quand on avait des doutes sur des lancements, ils rectifiaient, avouait Marc-Elie Kouassi, 18 ans seulement et complètement désinhibé sur la pelouse tarnaise. Et là, sur le match, après une semaine comme ça où on t’encadre, t’as plus de doutes et tu veux juste jouer au rugby. »














