EXCLUSIF. Un adolescent de 16 ans a porté plainte contre Bertrand O., auquel il reproche des attouchements commis deux ans plus tôt, notamment dans une église toulousaine. Déjà condamné en 2007, cet homme de 53 ans donnait des cours de carillon après la fin, en 2013, de son interdiction d’activité auprès de mineurs. Écarté par les Sonneurs toulousains pendant l’enquête, il conteste les accusations et évoque une machination. Une perquisition a permis de saisir son matériel informatique. Remis en liberté après sa garde à vue, il reste au cœur d’investigations dont la suite dépend notamment des expertises.
A-t-il récidivé ? Condamné en 2007 pour des agressions sexuelles sur douze enfants, un carillonneur toulousain de 53 ans a de nouveau été placé en garde à vue jeudi 1er octobre 2026. Près de vingt ans après le scandale sexuel qui a concerné « le chœur des Petits Chanteurs à la croix potencée » à Toulouse, Bertrand O. est soupçonné d’avoir agressé sexuellement un adolescent auquel il donnait des cours. Il conteste les faits.
Un adolescent dénonce des attouchements
Ces dernières semaines, un jeune homme de 16 ans est sorti du silence. Il dénonce des attouchements qui auraient été commis en février 2024, alors qu’il avait 14 ans, dans l’église de Lalande, à Toulouse. En marge des cours, le quinquagénaire lui aurait imposé des caresses sur le corps et d’autres gestes déplacés.
Le plaignant affirme également que Bertrand O. insistait régulièrement pour le raccompagner chez lui en voiture et le touchait sans son consentement. Une plainte a été déposée. Deux témoins se sont présentés à leur tour aux policiers pour apporter des éléments difficilement contestables, concernant les faits dénoncés par leur camarade.
Une condamnation en 2007, une interdiction terminée en 2013
Le passé judiciaire de Bertrand O. renvoie à une affaire qui avait marqué Toulouse. En 2007, le tribunal correctionnel l’avait condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour des agressions sexuelles sur douze jeunes enfants. Il a toujours clamé son innocence.
Inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, le FIJAIS, il avait également fait l’objet d’une interdiction d’exercer une activité bénévole ou professionnelle auprès de mineurs. Cette interdiction avait pris fin en 2013.
En 2017, celui qui déclare avoir lui-même subi des abus sexuels pendant son enfance revient au cœur de l’actualité. Il intègre les troupes du Théâtre du Capitole, mais sa présence inquiète des parents, qui redoutent qu’il côtoie des mineurs. Son passé judiciaire est connu. Une lettre collective de contestation est adressée à un responsable du théâtre ainsi qu’au maire. En 2018, Bertrand O. est mis en retrait.
Écarté par les Sonneurs toulousains pendant l’enquête
Il se rapproche ensuite des Sonneurs toulousains, une association qui préserve et fait vivre le patrimoine des cloches et des carillons du pays toulousain. Au fil des années, il donne des cours à des adolescents. C’est dans ce cadre qu’il aurait été en contact avec le jeune homme aujourd’hui à l’origine de la plainte.
Pendant l’enquête, l’association a décidé d’écarter Bertrand O. Les investigations doivent désormais permettre de préciser les circonstances des faits dénoncés.
Comme en 2007, il conteste les accusations
Lors de sa garde à vue, Bertrand O. a nié les faits, évoquant une machination et une entente collective. Des vérifications sont actuellement en cours, il est toujours présumé innocent. Ces dénégations font tout de même écho à celles de son procès en 2007 : il contestait déjà les accusations portées contre lui et a continué à clamer son innocence après sa condamnation.
Une perquisition a été menée à son domicile. Son matériel informatique a été saisi pour être analysé. L’examen des disques durs et de l’historique de ses recherches doit apporter de nouveaux éléments aux enquêteurs.
Le quinquagénaire a été remis en liberté à l’issue de sa garde à vue. L’enquête se poursuit dans l’attente des résultats de ces expertises.
















