Blotti dans une boucle de l’Hers, aux confins de l’Ariège et de l’Aude, Camon est l’unique village du département labellisé Plus Beaux Villages de France. Derrière sa porte voûtée et ses remparts, on découvre un village né autour d’une abbaye et fortifié au fil des siècles, dont les traces défensives restent remarquablement lisibles aujourd’hui.

Un village façonné par son abbaye
Nous vous emmenons cette fois en terres ariégeoises, du côté de Camon, un bourg d’un peu plus de 150 habitants qui doit toute son existence à une abbaye bénédictine fondée au Xe siècle, alors rattachée à la puissante abbaye de Lagrasse, dans l’Aude voisine. La légende locale veut même que les origines du site remontent à Charlemagne, mais c’est bien autour du monastère médiéval que le village s’est peu à peu organisé, avant de se transformer en prieuré fortifié face aux troubles qui secouent le Moyen Âge.
La guerre de Cent Ans, puis les guerres de Religion, poussent alors les habitants à ériger des murailles pour protéger le bourg et ses biens, à une époque où chaque communauté devait apprendre à se défendre seule.
Ce qui subsiste réellement des fortifications
Contrairement à bien des villages qui n’ont conservé qu’un vague souvenir de leurs remparts, Camon offre encore un parcours fortifié bien lisible. On y entre aujourd’hui par l’ancienne porte voûtée, surmontée d’un petit clocher, qui reste l’unique accès historique au bourg.
En suivant les ruelles, vous longerez les remparts, particulièrement bien préservés côté nord, là où des vignes grimpent encore le long de la pierre. Non loin, la maison haute attire le regard, car cette ancienne tour de défense a été transformée en demeure seigneuriale au XVIIe siècle, sans perdre sa silhouette trapue de bâtiment fortifié. Un document d’archives daté de 1356 évoquerait même le financement de ces murailles par une taxe spéciale prélevée directement sur les habitants, preuve que la fortification du village fut un effort collectif autant que défensif.
Prenez le temps de la balade le long de ces murailles, puisque c’est depuis cet angle que l’on comprend le mieux la logique défensive du village, pensé pour résister à qui s’y attaquerait tout en restant un lieu de vie.
L’abbaye-château, cœur fortifié du village
Impossible de manquer l’abbaye-château, le bâtiment le plus imposant de Camon. Devenue propriété privée, elle fait aujourd’hui office de maison d’hôtes et de restaurant, ce qui n’empêche pas d’en admirer l’architecture depuis l’extérieur. Si vous souhaitez découvrir son intérieur, les salles voûtées et les éléments d’origine médiévale, il faudra réserver une visite guidée auprès de l’office de tourisme, qui propose aussi des visites commentées de l’église et du village dans son ensemble.
Selon nous, cette formule vaut le détour, tant l’histoire du lieu, sept siècles de présence monastique, mérite d’être racontée par quelqu’un qui la connaît bien.
Comment rejoindre Camon depuis Toulouse ?
Comptez environ une heure trente de route depuis Toulouse, en empruntant l’A66 jusqu’à Pamiers, puis en direction de Mirepoix. Il ne reste alors qu’une quinzaine de kilomètres, à peine un quart d’heure, pour atteindre Camon.
Et c’est encore mieux hors saison estivale, quand les ruelles restent calmes et que vous pouvez profiter pleinement des remparts sans la foule des grandes vacances. Le stationnement se fait au pied du village, et la visite elle-même ne demande guère plus d’une heure, de quoi combiner Camon avec une étape à Mirepoix, à quinze minutes de route seulement.
Avant de repartir, prenez le temps de longer une dernière fois les remparts côté nord : c’est là que la campagne ariégeoise se laisse le mieux deviner, entre coteaux et silhouette lointaine des Pyrénées.













