EXCLUSIF. Plus de 330 kilos de résine de cannabis ont été saisis jeudi soir lors de l’interception de deux voitures. Au moins cinq suspects sont depuis auditionnés par l’OFAST de Toulouse. Plusieurs sont originaires de Bagatelle, mais le chargement devait rejoindre le nord de la France. Derrière cette arrestation sous tension se dessine une organisation soupçonnée d’avoir assuré des dizaines de convois depuis la péninsule Ibérique vers le nord de la France. Un dossier désormais confié à la JIRS de Bordeaux, avec des présentations devant les magistrats prévues au plus tard lundi. Les auditions se poursuivent.
« C’était très chaud. J’ai cru que ça allait tirer », raconte un témoin sous le choc. Jeudi soir, alors qu’il rentre d’Agen en direction de Toulouse, une scène improbable se joue sous les yeux de Karl. L’automobiliste aperçoit une voiture accidentée et surtout un important dispositif de police nationale autour. « C’était probablement la BRI, cette unité n’était pas là pour s’amuser. Leurs armes étaient braquées sur une Peugeot 508 grise », confie ce quadragénaire.
Une arme automatique et une interpellation sous tension
Karl vient d’assister, sans le savoir, à l’interception d’un convoi de deux voitures. Plus de 330 kilos de résine de cannabis ont été saisis lors de l’opération. L’un des véhicules jouait le rôle d’ »ouvreuse » : il circulait en avance pour repérer la présence des forces de l’ordre. La phase d’interpellation a été extrêmement tendue. L’un des occupants aurait porté une arme automatique. La BRI, assistée par l’unité d’intervention des douanes, a dû sécuriser l’arrestation pour éviter un drame. Au moins cinq personnes sont entre les mains de l’Office anti-stupéfiants (OFAST) de Toulouse depuis jeudi soir.
De Bagatelle à Dreux, un relais présumé à Toulouse
Plusieurs suspects ont des attaches au quartier de Bagatelle, à Toulouse, mais vivent à Vienne en Isère. Ce chargement n’aurait pas été destiné à la Haute-Garonne : il devait rejoindre le nord de la France, notamment Caen et les départements proches de Paris.L’OFAST travaille depuis plus de cinq mois sur ces cibles. À la suite d’un renseignement anonyme, les unités spécialisées ont surveillé les allées et venues de plusieurs suspects. Une organisation s’est peu à peu dessinée. Tout est orchestré comme dans une vraie entreprise. Cette équipe, dont certains membres ont un lourd passé judiciaire, se serait spécialisée dans la livraison de produits stupéfiants.Le cannabis aurait été acheminé depuis le Portugal, via l’Espagne, jusqu’à Toulouse. Les locaux auraient ensuite pris le relais pour convoyer la marchandise vers le nord de la France. Selon les spécialistes, la valeur du chargement intercepté jeudi aurait dépassé 2 millions d’euros à la revente au détail.
Une cinquantaine de go-fast attribués à cette équipe
Mais les investigations dépassent largement cette seule saisie : des dizaines de go-fast auraient été organisés par cette équipe toulousaine depuis mai. Les précédents convois sont soupçonnés d’avoir transporté des quantités comparables à celles découvertes jeudi. Une hypothèse qui, si elle se confirme, porterait la valeur cumulée de la marchandise à plusieurs dizaines de millions d’euros à la revente, sans préjuger des bénéfices qu’auraient réalisés les suspects.
Des présentations aux magistrats prévues au plus tard lundi
Le dossier a été confié à la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux. Ce dimanche, les auditions se poursuivent. Les suspects, défendus notamment par Mes Alexandre Parra-Bruguière, Camélia Dilmi et Morgane Dupoux, doivent être présentés aux magistrats au plus tard lundi.














