Le projet de loi de finances 2027 inquiète les acteurs agricoles en Occitanie. La baisse des crédits régionaux concernant l’agriculture pourrait notamment fragiliser le soutien à l’installation, à la modernisation des exploitations et aux investissements liés à l’eau.
45 millions d’euros d’aides agricoles pourraient manquer en Occitanie en 2027. La Région tire la sonnette d’alarme après l’annonce d’une baisse des crédits de l’État destinés aux politiques agricoles régionales. La Chambre régionale d’agriculture s’inquiète elle aussi des conséquences pour les exploitations.
Le montant avancé par la Région ne correspond toutefois pas à une enveloppe unique supprimée. Il résulte d’un mécanisme de financement dans lequel interviennent à la fois les crédits de l’État et les fonds européens.
Comment l’Occitanie pourrait perdre 45 millions d’euros
Dans le projet de loi de finances pour 2027, le Gouvernement prévoit de réduire de 100 millions d’euros les dotations versées aux Régions pour leurs compétences agricoles, pourtant intégrées à des engagements pluriannuels. Pour l’Occitanie, la baisse dépasserait 15 millions d’euros.
Cette diminution pourrait ensuite avoir un effet sur les financements européens, puisque ces dotations de l’État servent notamment à apporter les contreparties nécessaires à la mobilisation de ces crédits. D’après la Région, près de 30 millions d’euros de fonds européens seraient ainsi susceptibles de ne pas être mobilisés. C’est ce qui porte l’impact potentiel à 45 millions d’euros pour l’agriculture occitane.
Des installations et investissements concernés
La baisse pourrait toucher plusieurs dispositifs destinés aux agriculteurs. La Chambre régionale d’agriculture cite notamment les aides à l’installation, qui accompagnent le renouvellement des générations, ainsi que les investissements permettant de moderniser les exploitations. Une annonce gouvernementale qu’elle juge donc en décalage avec les objectifs affichés par le Gouvernement en matière de transition agricole et de souveraineté alimentaire.
Les projets liés à l’eau sont également concernés. L’organisme mentionne les investissements hydrauliques collectifs et individuels, alors que les exploitations doivent faire face à des conditions météorologiques de plus en plus difficiles et de rémunération de plus en plus tendues : « sécheresses récurrentes, aléas climatiques extrêmes, incendies, crises sanitaires, hausse des charges, faibles revenus et incertitudes économiques », auxquels sont déjà confrontés les agriculteurs de la région, rappelle la Chambre d’agriculture.
La Région et la Chambre d’agriculture demandent le maintien des crédits
Carole Delga demande au Premier ministre de revenir sur la baisse annoncée. La présidente de la Région met notamment en avant la situation économique de l’agriculture occitane, en soulignant que la région présente « le revenu agricole le plus faible de France ». Position soutenue par la Chambre régionale d’agriculture qui demande au Gouvernement de maintenir ses engagements envers les Régions. Car, pour les deux acteurs régionaux, l’enjeu dépasse le seul budget de la collectivité, il concerne directement les capacités d’investissement et de renouvellement de l’agriculture en Occitanie.




















