À l’université d’été du Parti communiste français, à Toulouse, du 21 au 23 août, Fabien Roussel a tout d’un candidat à la présidentielle de 2027. Tout, sauf l’annonce officielle.
À Toulouse, ce week-end, Fabien Roussel monte sur scène et prévient : les communistes ne sont pas là pour « commenter la crise », mais pour « préparer la suite ». Quelques minutes plus tard, sur l’estrade, le secrétaire national du PCF martèle son ambition : « Nous voulons prendre le pouvoir. »
Dans le grand amphithéâtre de l’Université toulousaine du Mirail, le décor est planté. Et même le directeur de campagne est déjà choisi : le sénateur parisien Ian Brossat.
Une candidature qui ne dit pas encore son nom
Alors, candidat Fabien Roussel ? Au micro, la réponse se fait soudain beaucoup plus prudente.« Non », répond-il. Le communiste explique qu’il respecte le processus interne à son parti. Les adhérents doivent encore voter, entre le 3 et le 6 septembre, avant qu’il puisse officiellement se déclarer. « Je n’ai pas de crainte, mais je ne le ferai pas avant, je respecte la démocratie », insiste-t-il.
Dans son discours comme dans les échanges avec les militants, pourtant, la présidentielle de 2027 est partout. Fabien Roussel défend une candidature communiste et assume que la gauche puisse partir divisée au premier tour : Jean-Luc Mélenchon d’un côté, lui de l’autre. « Il y a de la place pour quelques candidats à gauche », estime-t-il, jugeant que chacun doit pouvoir défendre ses idées et convaincre les électeurs.
Une stratégie qui tranche avec l’appel à l’union régulièrement formulé à gauche. Fabien Roussel revendique au contraire la possibilité de plusieurs candidatures, avant un éventuel rassemblement au second tour.
Trois jours à Toulouse
Dans les allées de l’Université d’été du Parti communiste, ses jeunes militants ne semblent pas s’en inquiéter. Tom, 23 ans, estime que sa génération a « toujours » connu un Rassemblement national fort en face. Pour lui, le PCF doit construire sa propre force plutôt que se fondre dans une union électorale.
Assan Lakehoul, élu communiste à Tournefeuille, défend la même idée : certains électeurs de gauche ne voteraient que communiste. Une candidature Roussel pourrait donc, selon lui, « ajouter » des voix à la gauche, en vue de renverser la table, en avril 2027, après dix ans de macronisme.
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