EXCLUSIF. Pendant plus de trois heures, les flammes ont dévoré les champs de Saint-Lys, à l’ouest de Toulouse, provoquant l’évacuation d’une quarantaine de riverains le 17 août. Certains ont cru perdre leur maison. Une toiture a été détruite et deux familles ont dû être relogées. Près de deux semaines après cet incendie spectaculaire, trois adolescents jusqu’alors inconnus de la justice ont été interpellés par les gendarmes de la compagnie de Villeneuve-Tolosane ce mercredi 26 août. Tous reconnaissent avoir lancé des pétards peu avant le départ du feu. Les enquêteurs doivent encore établir leur rôle exact dans cet incendie qui a parcouru près de 30 hectares de végétation.
Les flammes avancent dans les champs, portées par le vent. Une épaisse fumée noire recouvre le secteur tandis que des dizaines de pompiers tentent de protéger les habitations. Derrière le périmètre de sécurité, des habitants assistent, impuissants, à la progression du feu. Certains sont alors convaincus qu’ils vont perdre leur maison. Ce lundi 17 août, à Saint-Lys, un simple jeu entre adolescents aurait provoqué un incendie aux conséquences considérables.
Trois mineurs interpellés
Près de deux semaines après le sinistre, les investigations de la gendarmerie ont connu une importante avancée. Trois adolescents ont été identifiés puis interpellés le mercredi 26 août. Tous sont mineurs et jusqu’alors inconnus de la justice.
Placés en garde à vue, ils ont été interrogés sur leur présence à proximité du point de départ du feu, localisé dans un fossé du secteur de la rue Léonie-Biamouret. Le trio a reconnu avoir utilisé des pétards peu avant que les premières flammes n’apparaissent.
« Ils ont reconnu avoir jeté des pétards. Néanmoins, l’enquête se poursuit car certaines victimes n’avaient pas encore pu être entendues », précise le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz. À ce stade, les investigations doivent encore déterminer précisément les circonstances du départ de feu et établir l’ensemble des responsabilités.
136 pompiers pour protéger une trentaine de maisons
Le 17 août, vers 17 h 30, le feu s’était propagé à une vitesse impressionnante dans un champ moissonné. Poussées par le vent, les flammes avaient gagné les arbustes et les buissons situés le long de la clôture d’une ancienne casse automobile. Contrairement aux premières informations, cette friche industrielle n’était pas à l’origine du sinistre.
Face au danger, 136 pompiers venus de Haute-Garonne et du Gers avaient été mobilisés. Cinquante-deux véhicules, onze camions-citernes feux de forêt, un avion Dash et un hélicoptère bombardier d’eau avaient été engagés. Une tranchée avait également été creusée dans la friche pour ralentir la progression des flammes.
Pendant plus de trois heures, les secours avaient lutté pour éviter que l’incendie ne gagne une trentaine d’habitations. Au total, près de 30 hectares avaient été parcourus par le feu.
Des familles évacuées
Une quarantaine de riverains avaient été évacués et conduits à l’espace Gravette, ouvert par la mairie. Plusieurs personnes avaient été légèrement incommodées par les fumées, sans nécessiter d’hospitalisation.
Malgré l’ampleur du dispositif, deux habitations avaient été touchées. La toiture de l’une d’elles avait été détruite. Abondamment arrosé pour empêcher la propagation des flammes, le logement était devenu inhabitable. Les familles concernées avaient dû être accompagnées par la municipalité pour trouver une solution de relogement. Une cagnotte avait également été ouverte afin de financer des vêtements, des jouets et des biens de première nécessité.
Les dégâts à chiffrer
Les conséquences matérielles de l’incendie restent désormais à évaluer. Les enquêteurs doivent encore établir précisément le rôle joué par les pétards dans le départ du feu.
Les gendarmes doivent recueillir les témoignages des dernières victimes et dresser un bilan complet des dommages causés aux habitations, aux terrains et à la friche industrielle. La justice souhaite connaître le montant réel du préjudice avant de prendre une décision adaptée à l’ampleur des dégâts.
Les trois adolescents ont été laissés libres à l’issue de leur garde à vue. Ils seront prochainement reconvoqués afin de connaître la décision du parquet.

















