Pour des milliers d’enseignants, cette rentrée marque aussi leurs tout premiers pas devant une classe. À Toulouse, Annabel et Zoé racontent leurs dernières appréhensions avant de rencontrer leurs élèves et de se lancer, pour de bon, dans le métier.
Elles ont passé une partie de leur été à préparer leurs cours, à réfléchir au fonctionnement de leur classe et à tout organiser pour être fin prêtes le jour J. Pourtant, en ce jour de rentrée, Annabel et Zoé ont encore le sentiment de ne pas être tout à fait préparées. Et pour cause : pour la première fois de leur jeune carrière, elles vont se retrouver seules face à leurs élèves. Une première fois qu’elles attendaient depuis des mois, mais à mesure que la rentrée approche, impossible pour ces deux jeunes enseignantes d’ignorer leurs inquiétudes.
Pour Annabel, cette rentrée marque le véritable début d’une nouvelle vie professionnelle. La jeune professeure va prendre ses marques dans une école primaire de Toulouse et, surtout, découvrir celles et ceux à qui elle enseignera pendant un an. « Je suis à la fois impatiente de les rencontrer, d’établir une relation avec eux, d’être dans une classe et d’enseigner. Mais je suis aussi assez stressée », confie-t-elle.
Les derniers jours passés lui ont aussi fait mesurer l’ampleur de la tâche à venir. « Je me suis rendu compte qu’il y avait toujours quelque chose en plus à faire ou à penser. » De quoi faire monter un peu plus la pression à l’heure du grand saut. Un sentiment que connaît bien Zoé. Une fois le concours de professeur des écoles en poche, la jeune enseignante s’est elle aussi retrouvée vite débordée. « Je me sens dépassée par la montagne de choses à organiser et à mettre en place », reconnaît-elle.
« J’ai peur que les élèves le sentent »
Au-delà de toute cette préparation, c’est surtout la rencontre avec les élèves qui nourrit le plus leurs appréhensions. Pour Zoé, les premières heures seront particulièrement déterminantes. « Ils vont se faire une première impression à mon sujet et cela peut être déterminant sur tout le reste de l’année. De même pour les parents. »
Une crainte que partage Annabel, notamment en raison de son jeune âge. « J’ai 24 ans et j’ai du mal à me sentir légitime. J’ai peur que ce manque de confiance soit visible et que les élèves le sentent. » Pour cette première année, elle pourra néanmoins s’appuyer sur un binôme. Titulaire d’un master MEEF, la jeune professeure assurera 50 % du temps devant la classe et poursuivra sa formation en parallèle. « C’est rassurant de savoir qu’on n’est pas seuls. »
« Il faut accepter que tout ne soit pas parfait »
Si les autres enseignants, la directrice de l’école ou encore les formateurs seront autant de personnes vers lesquelles se tourner tout au long de l’année, Zoé et Annabel savent aussi qu’elles devront apprendre à composer avec les imprévus et, surtout, à ne pas être trop exigentes avec elles-mêmes dès les premiers jours. « Il faut aussi accepter que tout ne sera pas parfait le jour de la rentrée, surtout pas la première année ! », se rassure Zoé.
Un constat que partage Annabel. Si les quelques jours de préparation à l’INSPÉ (Institut national supérieus du professorat et de l’éducation) lui ont permis de mieux appréhender cette première rentrée, elle sait que tout ne pourra pas être prévu à l’avance. « Tout va se construire au fil de l’eau, il y aura besoin d’ajustements. » De quoi aborder ce premier jour « entre hâte et appréhensions », sans chercher à être parfaitement prête. « Il faut bien y aller un jour, on ne pourra jamais être totalement prêt de toute façon. »














