Les pompiers se mobilisent à partir du mardi 8 septembre. En Haute-Garonne, comme partout en France, les syndicats dénoncent des effectifs insuffisants et des conditions de travail de plus en plus difficiles.
C’est un mouvement qui débute ce mardi 8 septembre 2026, partout en France : la grève des pompiers. Des pompiers dont le travail et l’implication a particulièrement été mis en lumière lors des nombreux incendies de cet été, comme en Gironde. Leur mouvement débutera le jour de la présentation aux sapeurs-pompiers du projet de loi de modernisation de la Sécurité civile : les pompiers estiment ne pas avoir été associés à la rédaction de ce texte. Ils demandent plus de moyens et des recrutements massifs. Neuf syndicats les appellent à se mobiliser. Le mouvement doit durer jusqu’au 20 octobre.
« Une charge de travail croissante qui use les hommes »
En Haute-Garonne, comme dans le reste du pays, de nombreux pompiers dénoncent des conditions de travail de plus en plus difficiles, comme le sergent-chef Vincent Laborie, il est en poste à la caserne Delrieu, quartier des Minimes, à Toulouse. Cela fait 24 ans qu’il porte l’uniforme : « Je suis le stéréotype du petit garçon qui jouait avec son camion de pompier et cet intérêt ne m’a jamais quitté. » La passion est toujours là, mais le jeune Vincent aurait peut-être déchanté au vu de la tournure qu’a pris le métier ces dernières années : « Le nombre d’interventions ne fait qu’augmenter. Sur l’agglomération toulousaine, la population augmente chaque année d’environ 10.000 habitants par an. Mais les effectifs ne suivent pas et on ressent une charge de travail croissante qui use les hommes. »
En Haute-Garonne, il y a environ 800 pompiers professionnels et 2000 volontaires. Des chiffres insuffisants pour les grévistes qui réclament des embauches pour traiter des demandes de secours toujours plus nombreuses et parfois plus tendues, confie le sergent-chef Laborie : « Les gens sont de plus en plus exigeants : il faut toujours arriver toujours plus vite, les servir avant les autres. Il arrive régulièrement qu’on soit confrontés à des situations d’agressivité gratuite. »
Des tensions auxquelles tous les pompiers doivent faire face selon Nicolas, un autre pompier du centre de secours Delrieu : « On ne nous respecte pas toujours. Parfois, ça part vraiment d’un rien : par exemple, on peut se faire prendre à partie de façon assez virulente parce qu’on est s’est arrêtés devant un garage pour une intervention. Les gens s’énervent tout de suite, parce qu’ils doivent aller au travail, parce qu’ils estiment qu’on pourrait se mettre autre part, alors qu’on est juste là pour porter secours. Il peut arriver que des situations se tendent pour des es bêtises. Ce qui n’est pas très agréable quand on est en intervention. » Un constat qui ne surprend pas Vincent Laborie : « On touche du doigt les maux de la société : l’anxiété, le stress. Et depuis quelques années, on ressent bien cet état d’esprit-là. »
Une grève sans conséquences sur l’activité de secours
Les pompiers grévistes ont aussi des revendications salariales, détaille Vincent Laborie : « Nous faisons des gardes de 24 heures qui ne sont rémunérées que 17 heures. Ce n’est pas normal que ça se passe encore comme ça en 2026. » Les pompiers demandent également que les heures de nuit soient majorées. Actuellement, qu’une intervention ait lieu à 14 heures ou à 3 heures du matin, ça ne change rien pour eux d’un point de vue salarial.
Mais les moyens de pression des pompiers sont limités. Cette grève est d’ordre symbolique puisque les pompiers sont dans l’obligation d’assurer leur service : « On va sûrement maquiller nos camions avec des inscriptions, mettre des banderoles sur les casernes ou des brassards sur les uniformes. Mais évidemment, on viendra toujours au secours de la population, malgré ce mouvement de grève. »
L’intersyndicale des pompiers prévoit une grande manifestation le 29 septembre à Paris.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555










