Après un été marqué par des incendies majeurs, les pompiers, notamment de Haute-Garonne, sont appelés à la grève ce mardi 8 septembre. Ils alertent sur le manque de moyens et d’effectifs et réclament un nouveau modèle de sécurité civile.
« On arrive à un point de rupture. » Alors qu’ils ont été fortement mobilisés cet été par les incendies à répétition, les pompiers se mobilisent pour se faire entendre. Ce mardi 8 septembre, ils sont appelés à la grève en Haute-Garonne, comme partout en France. « Cela fait 20 ans que nous dénonçons des choses et nous ne le faisons pas pour rien puisqu’aujourd’hui, nous arrivons à du factuel », souligne Damien Galtier. Le président du syndicat autonome du SDIS 31 dénonce ainsi un manque criant de moyens et d’effectifs face aux besoins.
« Les feux de forêt ont toujours existé, mais ils prennent une ampleur considérable. Il va falloir les attaquer massivement d’entrée pour éviter ça, sauf qu’on n’a pas les moyens. Et pendant qu’on est sur les feux, il faut aussi gérer le courant. » En clair, il faut aussi « aller chercher un serpent, comme il y a quelques semaines à Colomiers ou intervenir sur un accident de la route ». « Bientôt, nous ne pourrons pas faire toutes les missions, ou pas avec les moyens adéquats. Et peut-être qu’un jour, nous ne viendrons pas du tout », s’inquiète Damien Galtier.
En grève pour un nouveau modèle de sécurité civile
Il note d’ailleurs que « très peu de pompiers professionnels à Toulouse ont pu partir sur les feux parce qu’il fallait tenir le courant ». Ce sont donc majoritairement des volontaires qui ont été mobilisés. « C’est un système qui devient de plus en plus bancal », estime le président du syndicat, avant d’ajouter : « On ne peut pas compter que sur le privé qui libère ses volontaires pour aller au feu en Gironde. » Dans le détail, le SDIS 31 compte 2 907 sapeurs-pompiers, dont 871 professionnels et 2 036 volontaires. Mais les disparités territoriales sont importantes. « Cela devient très compliqué au quotidien d’envoyer des secours dans le Sud du département. »
Face à cette situation, une vingtaine d’embauches de pompiers professionnels sont prévues. Toutefois, les besoins resteront importants en Haute-Garonne, où 900 appels et 180 interventions sont recensés quotidiennement, comme au niveau national. « Nous demandons une embauche de sapeurs-pompiers professionnels pour tenir le courant et l’exceptionnel. » Pour autant, Damien Galtier s’interroge : « Est-ce que les Départements pourront payer ? » Ce sont, en effet, principalement eux qui financent le fonctionnement des SDIS.
« Il faut réfléchir à un nouveau modèle de sécurité civile », considère-t-il. Il rappelle ainsi qu’un Beauvau de la Sécurité civile a été « entrepris depuis plus de deux ans ». « Celui pour la police a été signé rapidement. Nous, ça fait deux ans que nous attendons qu’il le soit », appuie le pompier. Et s’il « n’aime pas les comparaisons », Damien Galtier remarque également que « le budget de l’État pour la sécurité civile est de 7 milliards, contre 24 milliards d’euros pour la police nationale et la gendarmerie ».
Davantage de suivi et de protection pour les pompiers
Au-delà du manque d’effectifs, le président du syndicat autonome du SDIS 31 dénonce un autre problème : « Nous n’avons aucune protection dans le suivi à la hauteur des enjeux et des interventions que nous réalisons. » Il évoque ainsi les « troubles musculosquelettiques » et les cancers inhérents à leur profession. « Nous n’avons aucune reconnaissance concernant les maladies professionnelles. » Damien Galtier met aussi en avant les « troubles psychologiques ». « On voit la misère sociale et souvent des morts dans notre carrière. »
Le pompier réclame donc « un suivi avec du matériel adéquat et de la protection ». « Quand on lutte contre un incendie, on va à la guerre. C’est le cas pour tous les types de feux. Malheureusement, il y a des collègues qui ont payé le prix fort aujourd’hui. Mais c’est compliqué tous les ans. » Le président du syndicat déplore aussi les agressions de plus en plus nombreuses envers les pompiers. « Le dernier maillon de la chaîne solidaire aujourd’hui, ce sont les pompiers. Si on s’écroule, ce n’est plus la même société », conclut-il.












