Le CHU de Toulouse propose une consultation dédiée aux saignements utérins anormaux, tous les lundis matin, à l’hôpital Paul de Viguier. Ces saignements, pendant ou en dehors des règles, peuvent être causés par différentes pathologies.
En ce mois de « septembre turquoise », mois de sensibilisation et de mobilisation dédié à la lutte contre les cancers gynécologiques, coup de projecteur sur une initiative du CHU de Toulouse. Des médecins ont mis en place une nouvelle consultation dédiée aux saignements utérins anormaux, en dehors d’une grossesse. Que ce soit lié à des règles très abondantes ou à des saignements entre les règles, les patientes sont reçues pour un diagnostic. Ce sont des praticiens de l’hôpital, des chefs de clinique et assistants de chirurgie, qui assurent les lundis matin cette consultation dédiée, dans le service gynécologie de l’hôpital.
Patientes en âge de procréer ou ménopausées
Léa Barreau est gynécologue obstétricienne à l’hôpital Paule de Viguier à Toulouse, elle explique que « cette consultation a été créée en équipe pour répondre à une demande de prise en charge assez rapide« . Les saignements utérins anormaux englobent tous types de saignements : « Cela peut être lié à un fibrome, à un polype, à de l’endométriose, de l’adénomyose, à un déséquilibre hormonal, ou encore plus grave à une pathologie cancéreuse. Il peut y avoir une pathologie de la coagulation, les saignements peuvent aussi démasquer une grossesse occultée ou passé inaperçue. Le gynécologue va investiguer lors de cette consultation qui débouche parfois sur un avis chirurgical. » Les patientes reçues sont principalement en âge de procréer ou ménopausées.
Le fait d’avoir instauré cette consultation permet une prise en charge rapide pour réaliser, si besoin, des examens complémentaires, comme visualiser l’intérieur de la cavité utérine à l’aide d’une caméra (hystéroscopie) ou réaliser des actes de petites chirurgies.
Il est demandé aux patientes de venir à la consultation avec une échographie déjà réalisée, si possible, pour que le praticien puisse se fonder sur des images. « Pour l’instant, on n’a pas d’appareil d’échographie dédié à cette consultation » précise Léa Barreau, « mais on peut très bien en utiliser en dépannage ou positionner la patiente sur un créneau d’échographie« .
Fluidifier le passage aux urgences gynécologiques
Cette consultation dédiée permet de fluidifier le passage aux urgences gynécologiques. Certaines patientes sont réorientées vers cette consultation pour décharger les urgences. C’est le cas d’une patiente rencontrée par Ici Occitanie, Ida, 45 ans, qui venait justement consulter après un passage aux urgences : « Je saignais depuis plusieurs semaines, je portais des protections tous les jours, et cela affectait ma vie sociale, professionnelle, conjugale. C’était éprouvant physiquement et moralement. Je me sentais très fatiguée. Puis il y a une quinzaine de jours, je suis tombée dans les pommes et mon mari m’a emmenée aux urgences gynécologiques. Ils m’ont donné un médicament antihémorragique et m’ont positionnée sur cette consultation, je suis soulagée. J’ai pu avoir un diagnostic, après une échographie que j’ai réalisée. »
Les patientes sont également orientées par des médecins de ville, des gynécologues, des sages-femmes. Elles peuvent elles-mêmes prendre rendez-vous au 05 67 77 11 45.
Une unité de petite chirurgie dédiée
Une unité de petite chirurgie a ouvert en juin 2025 pour le service gynécologique et permet de « positionner des patientes rapidement quand il s’agit d’explorer davantage, regarder avec une caméra très fine à l’intérieur de l’utérus pour confirmer la présence d’un polype ou d’un fibrome, par exemple », détaille Léa Barreau. Cette salle permet aussi de réaliser certaines actes de chirurgie légère sous anesthésie locale, avec une infirmière qui pratique l’hypnose, une aide soignante formée à la pratique de l’anesthésie locale. Une collation est proposée aux patientes, après le geste, et elles restent en observation le temps de pouvoir repartir sur leurs deux jambes, sans avoir besoin d’accompagnant.
« Mais s’il s’agit d’une patiente anxieuse qui souhaiterait une anesthésie générale ou si le traitement est plus important, on a recours au bloc opératoire pour lequel on n’a pas trop de difficultés à positionner les patientes dans des délais raisonnables » souligne le Dr Barreau.
Un nouveau médicament pour réduire les règles abondantes
Depuis quelques mois, le laboratoire Cemag Care commercialise un médicament sans hormone disponible en pharmacie sans ordonnance contre les règles abondantes. « Haima » s’affiche en rayon à 12 euros, entièrement à la charge des patientes. Or, la molécule, l’acide tranexamique qui stabilise la coagulation évitant des gros saignements, voire des hémorragies, est utilisée depuis plus de quarante ans sous le nom d’Exacyl.
Léa Barreau, gynécologue obstétricienne à l’hôpital Paul de Viguier à Toulouse, nous donne son avis sur ce médicament : « la molécule est connu de longue date, elle est très utilisée dans nos hôpitaux. On la dose sur des durées limitées, elle agit assez vite sur les saignements. » Mais la praticienne appelle les patientes à être vigilantes : « Attention à l’automédication, ce médicament existe et il peut être prescrit et remboursé, alors autant demander l’avis d’un médecin. Il est intéressant d’avoir les conseils d’un médecin pour l’utiliser en toute sécurité. Il ne résout pas tout, il est important que les saignements soient diagnostiqués. La molécule est intéressante comme traitement d’appoint, mais elle ne doit pas être utilisée de façon quotidienne, chronique, car cela peut être risqué. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555















