Depuis quelques années, Sandrine Bordes, une Toulousaine habitant avenue Saint-Exupéry, remarque que de plus en plus de « gros chiens » se baladent sans laisse. Attaquée à plusieurs reprises, et insultée par les propriétaires, elle réclame plus de contrôles.
Lorsqu’elle sort promener Tango, son chien, un croisé fox-terrier et airedale, Sandrine Bordes a désormais « la boule au ventre ». Tout a commencé il y a deux ans et demi, près de la Cité de l’Espace à Toulouse.
« J’ai été poursuivie par un cane corso (une race de dogues, NDLR) laissé en liberté. Heureusement, je fais du sport, j’ai pu courir et me réfugier avec mon chien sur le toit d’un SUV. Je suis restée vingt minutes coincée, complètement paniquée, en attendant que le propriétaire arrive. Il a juste récupéré son chien sans s’excuser. Ce n’était pas la première fois que ce chien essayait d’attaquer le mien. »
Sandrine indique avoir porté plainte contre le propriétaire du chien. Un événement qu’elle décrit comme traumatisant et qui, selon elle, n’a pas été isolé.
Depuis trois ans, la Toulousaine dit croiser régulièrement des chiens sans laisse dans le quartier. « Et attention, c’est rarement des petits chiens. Ce sont surtout des gros, des malinois, des cane corso… » Tango, lui, pèse environ 15 kilos. « C’est un chien de taille moyenne, pas un molosse, il est plutôt tranquille. »
« Si tu veux, je lâche mon chien sur le tien »
Lorsqu’elle interpelle les propriétaires sur l’absence de laisse, Sandrine affirme être parfois insultée ou menacée. « On m’a déjà dit : « Si tu veux, je lâche mon chien sur le tien, il va le tuer. » Mais je ne céderai pas, c’est inadmissible. Je suis toujours obligée de fuir, de changer de trottoir. C’est quotidien. »
Sandrine affirme également qu’une vingtaine de riverains lui ont fait part de leurs inquiétudes. Elle évoque notamment des personnes âgées qui n’oseraient plus se rendre au parc et des parents qui craindraient pour leurs enfants.
Face à cette situation, elle assure avoir multiplié les démarches. « J’ai rencontré deux maires de quartier, j’ai tout listé : les horaires, les endroits problématiques, mais rien n’a changé. »
Selon elle, les propriétaires savent à quels horaires interviennent les rondes et s’y adaptent. Elle estime également que les effectifs de la police municipale et des services concernés ne permettent pas de répondre suffisamment au problème. Sandrine demande désormais davantage de contrôles et de verbalisations. En attendant, elle dit se promener avec une bombe lacrymogène et envisage même de déménager.
La mairie, saisie du problème, indique ne pas avoir identifié l’animal
La mairie confirme qu’elle a reçu des signalements réguliers de cette habitante depuis près de deux ans et qu’elle a été reçue par la maire de quartier, Magali Dat, pour échanger à ce sujet. « À la suite des différents signalements de cette habitante auprès d’Allô Toulouse et des échanges intervenus avec elle, la Police municipale a effectué plusieurs patrouilles dans le parc Saint-Exupéry, avenue Saint-Exupéry et chemin de la Butte. Lors de ces passages, les policiers municipaux n’ont pas constaté de chiens divagants ou non tenus en laisse. Ils ont également échangé avec des promeneurs et des usagers du caniparc, qui n’ont pas fait état de difficultés particulières liées à des chiens en liberté ou présentant un comportement agressif », indique le Capitole qui explique que ses agents ont par ailleurs constaté la présence de promeneurs dont les chiens étaient bien tenus en laisse.
« Les gardiens patrouilleurs des espaces verts indiquent également n’avoir constaté aucun chien non tenu en laisse dans le parc Saint-Exupéry », poursuit la collectivité qui n’a jamais pu trouver trace du chien signalé lors des rondes de ses différents et de fait l’identifier.
« La réglementation municipale impose que les chiens soient tenus en laisse sur la voie publique et dans les lieux publics, hors espaces spécifiquement aménagés à cet effet, comme les caniparcs. Le non-respect de cette obligation expose les propriétaires à une contravention de 150 euros. La Police municipale peut verbaliser dès lors qu’elle constate elle-même l’infraction », rappelle la mairie qui indique que sa police municipale « reste mobilisée sur le secteur : les équipages ont été sensibilisés à ces signalements et continuent d’y porter une attention particulière dans le cadre de leurs patrouilles. »
















