Deux jours après les révélations sur un vendeur de la galerie marchande de Fenouillet (Haute-Garonne) qui avait dissimulé une caméra dans les toilettes d’un magasin de prêt-à-porter, les réactions fusent chez les clients. Oscillant entre résignation et dégoût, ils sont nombreux à pointer du doigt un sentiment d’insécurité grandissant au quotidien. Témoignages.
Vendredi calme à la galerie commerciale de Fenouillet. Dans les allées, les clients profitent de l’après-midi pour faire leurs courses, loin d’imaginer le fait divers révélé deux jours plus tôt par La Dépêche du Midi. Un vendeur avait installé une caméra cachée dans les toilettes de la boutique où il travaillait. Si l’exploitation de l’appareil n’a rien donné, des perquisitions ont révélé des clichés troublants : clientes dans la galerie marchande, femmes dans la rue… Des images souvent prises à leur insu, parfois modifiées par intelligence artificielle.
Si peu de chalands sont au courant, les réactions oscillent rapidement entre résignation, inquiétude et dégoût.
« C’est flippant »
Pour un couple de retraités du secteur, la nouvelle ne suscite même plus la surprise. « On entend tellement de choses horribles, déplore l’épouse. Aujourd’hui, quand on rentre chez nous, on vérifie trois fois que la porte est fermée. On en vient à avoir peur. »
« On est peut-être naïfs, mais on ne s’imagine pas que quelqu’un a de mauvaises intentions, abonde son mari. C’est triste, on ne peut plus faire confiance à personne, appuie sa femme. Il faut être détraqué pour faire ça. »
Ce dégoût a vite gagné les professionnels sur place. Leila*, qui travaille dans un magasin voisin, ne cache pas son angoisse : « C’est inquiétant. Il a pris des images dans les toilettes de la boutique non ? J’ai vu qu’il photographiait des femmes dans la galerie. On ne sait pas tout, évidemment. Mais on se demande ce qui apparaît dessus. Est-ce qu’il nous a photographiées au boulot ? C’est flippant. »
L’utilisation de l’IA en question
Pour Cécile, une étudiante de 23 ans, l’affaire renvoie à une menace plus globale. « Déjà qu’on se sent en danger en tant que femme, si on ajoute la technologie… On voit sur les réseaux sociaux que n’importe quelle image peut être détournée, de façon dégueulasse. C’est à vomir », dénonce-t-elle. « Alors on doit faire gaffe tout le temps ? Même en faisant les boutiques ? »
Malgré la stupeur de certains, le quotidien reste toujours le même et la vie continue dans les allées du centre commercial.
Pour autant, les mots de Céline résonnent : « Il ne faut pas banaliser ces comportements. Ni dans la vraie vie, ni sur les réseaux sociaux. »














