Les effectifs des communes et intercommunalités ont fortement progressé en Occitanie ces dernières années. Face à cette hausse et à son coût, la Chambre régionale des comptes identifie plusieurs pistes d’économies.
Après avoir fait un focus sur les agents de Nîmes Métropole, la Chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie s’est penchée sur l’évolution des effectifs des communes et intercommunalités de la région. Et elle constate « une progression rapide » de ces derniers. Entre 2010 et 2021, le nombre d’agents publics locaux a ainsi augmenté de 10,4 %, soit près du double de la moyenne métropolitaine (+5,3 %). Avec 31,9 agents pour 1 000 habitants en 2021, l’Occitanie occupait ainsi le deuxième rang métropolitain en matière de taux d’administration locale.
Une évolution des effectifs plus importante que celle des habitants
Dans le détail, cette progression a été « très marquée jusqu’en 2014 », puis s’est poursuivie jusqu’en 2016, malgré « la baisse des transferts financiers de l’État », avant de se stabiliser entre 2017 et 2020. De 2019 à 2024, le volume d’équivalents temps plein a ensuite progressé de 6 % dans les structures contrôlées par la CRC, tandis que leur population n’a augmenté que de 3 %. Une évolution qui s’explique notamment par le renforcement des services de proximité, le développement de compétences facultatives, notamment dans les secteurs sportifs et culturels, et le transfert de compétences des communes vers les intercommunalités.
En parallèle, les effectifs externalisés ont augmenté deux fois plus vite que les emplois publics directs sur la même période. Ainsi, en 2024, 14 357 équivalents temps plein étaient recensés, dont 12 071 étaient des agents publics et 2 286 des salariés du secteur privé. Ces derniers représentaient alors 18,9% des effectifs globaux affectés aux services publics locaux. Autre évolution notable : le recrutement de contractuels sur des emplois permanents a progressé de 66,4% entre 2019 et 2024, tandis que le nombre de titulaires a reculé de 2%. Les agents non titulaires représentent désormais près du quart des effectifs du bloc communal occitan.
Ce que recommande la Chambre régionale des comptes Occitanie
Cette évolution des effectifs a également pesé sur les dépenses. Dans l’échantillon contrôlé par la CRC, la masse salariale a progressé de 18,9 % en euros courants entre 2019 et 2024. Une hausse portée par les intercommunalités, tandis que les dépenses des communes membres ont connu, elles, « une relative stabilisation ». Face aux « défis futurs », la Chambre régionale des comptes identifie donc plusieurs « axes de progrès » pour maîtriser les dépenses de personnel.
Et certaines marges de manœuvre sont chiffrées. Selon la CRC, un alignement théorique sur la valeur médiane du taux d’administration régional permettrait de constater près de 14 000 postes en moins, sur les 160 000 que compte le bloc communal occitan. Cela représenterait environ 485 millions d’euros d’économies annuelles. Le strict respect des 1 607 heures réglementaires de travail et l’encadrement des autorisations spéciales d’absence pourraient, de leur côté, représenter jusqu’à 110 millions d’euros d’économies par an. Enfin, la CRC estime à 280 millions d’euros par an le seul coût de l’absentéisme des agents de catégorie C.











