Le fleuve Garonne fait face à une crise de l’eau inédite entre les Pyrénées et Toulouse. Vincent Marquet, expert à l’Agence de l’eau Adour-Garonne, détaille les impacts et les mesures nécessaires face au changement climatique.
Le fleuve Garonne traverse une période de sécheresse d’une intensité historique entre les Pyrénées et Toulouse, nécessitant le déclenchement d’un soutien d’étiage dès le début du mois de juillet, du jamais vu depuis 1993. Vincent Marquet, expert en recherche et prospective à l’agence de l’eau Adour-Garonne précise : « On fait du soutien d’étiage sur la Garonne depuis 1993 c’est-à-dire que artificiellement on augmente les débits grâce à des lâches d’eau dans les Pyrénées et donc effectivement depuis 1993 on n’avait jamais commencé le soutien d’étiage aussitôt on l’a commencé là le 2 juillet. »
Cette pénurie d’eau divers restrictions d’usage drastiques que détaille Vincent Marquet : « Les conséquences c’est des restrictions d’usages notamment particuliers, industriels, agriculteurs et pour la nature effectivement c’est des impacts importants ça veut dire une eau en moins grande quantité donc avec du coup des difficultés pour les écosystèmes puis aussi moins d’oxygène dissous dans l’eau et donc des difficultés pour toutes les espèces qui ont besoin d’avoir une eau avec beaucoup d’oxygène. »
Consommation agricole
En période de basses eaux**, l’agriculture représente la part prépondérante de la consommation** effective de la ressource en eau sur le bassin, bien que d’autres secteurs affichent des volumes de prélèvements bruts très élevés : « Il y a deux choses à distinguer. Il y a la consommation et il y a les prélèvements. Donc si on pense en termes de prélèvements ce n’est pas l’agriculture qui arrive en premier plan. Il y a aussi les besoins pour le refroidissement des centrales nucléaires les prélèvements pour l’eau potable. Mais effectivement en période d’étiage donc dans les moments où l’eau est avec les débits les plus faibles on va avoir l’agriculture qui va représenter la consommation principale. »
Transformer nos usages
Face à une trajectoire climatique qui préfigure une hausse des températures mondiales de 3 degrés à l’horizon 2100, les sécheresses actuelles sont appelées à devenir la norme, imposant une refonte profonde de nos modèles. Vincent assure: « Ce que montre le rapport du Haut-commissariat à la stratégie et au Plan, c’est qu’il y a des nécessités de faire évoluer nos usages. » Des changements dans plusieurs domaines détaille l’expert : « Tout un tas d’actions qui vont aussi conduire à des évolutions plus transformationnelles, donc des modèles agricoles aussi qui sont à faire évoluer. A horizon 2050-2100, il y aura une transformation très importante de nos usages, ce ne sera pas la même qualité de vie dans nos territoires. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555
















