Un enrouleur d’irrigation flambant neuf, une borne et un tuyau, le tout pour près de 40 000 euros : Mathieu Maronèse s’est fait voler une partie de son matériel agricole dans la nuit du 21 au 22 septembre à Bonrepos-Riquet. Une semaine après les faits, nous sommes allés à sa rencontre, sur son exploitation, où il nous raconte son désarroi et ses craintes pour les prochaines récoltes.
Il y a maintenant une semaine, Mathieu Maronèse a vécu un drame à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Agriculteur à Bonrepos-Riquet, il s’est fait dérober, dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 septembre selon lui, son enrouleur d’irrigation, mais aussi la borne de branchement et le tuyau. Une perte matérielle importante qui pourrait également avoir des conséquences sur ses futures récoltes. Sur ses terres, il raconte ce qu’il s’est passé.
Un vol dans la nuit
Pour Mathieu, ce vol aurait pu être évité à 12 heures près. « J’avais terminé l’irrigation sur cette parcelle. Dans mon organisation, j’allais rentrer l’enrouleur. Je l’avais attelé à un tracteur, prêt à partir. Mais quand je suis revenu le récupérer, j’ai trouvé le tracteur déplacé et l’enrouleur n’était plus là ». Au téléphone avec un ami au moment de sa découverte, l’agriculteur pense d’abord à une plaisanterie. « J’ai cru à une blague entre voisins, qu’il était au fond du champ. J’ai fait le tour et je ne le trouvais pas. Je voyais le tracteur mais pas le canon. J’ai eu un moment d’hésitation, puis je suis revenu à la réalité. Je me suis assis là, par terre. C’était un peu une descente aux enfers », décrit-il.
D’autant que l’enrouleur était quasiment neuf. « Le canon, je l’ai acheté au mois de juin. J’ai fait un crédit que je n’ai même pas commencé », déplore l’agriculteur, encore ému. Pour lui, les faits se sont nécessairement déroulés durant la nuit. « À 19 h 30 lundi dernier, il était toujours là. J’ai pu avoir des témoignages de gens qui l’ont vu. Et le lendemain dans l’après-midi, il n’était plus là. Je pense que ça s’est fait dans la nuit parce qu’un enrouleur comme ça, ça se serait vu s’il avait été volé en journée », estime-t-il.
Près de 40 000 euros de matériel volé
Au total, la perte est lourde. « Le tuyau, le canon, la borne, c’est quasiment 40 000 euros de vol », compte Mathieu Maronèse. Sur son exploitation, l’agriculteur indique avoir déjà été confronté à de petits vols, mais jamais à une disparition d’une telle ampleur.
Les trois quarts de l’enrouleur ont été financés à crédit. « Je dois commencer à le payer à la fin de l’année. J’ai contacté mon assurance et il est possible que j’aie une petite indemnité, mais rien de la totalité. Je vais quand même devoir payer », explique-t-il.

« Je crains pour le monde agricole »
Au-delà de la perte financière, Mathieu Maronèse s’inquiète désormais pour la suite. « Je crains pour le monde agricole. On ne peut plus vivre si tous les jours on doit être dans la crainte du vol, et surtout si un nouveau type de vol en série, de ces enrouleurs, se déclenche », note-t-il.
Cette année, l’irrigation de ses parcelles est terminée. Mais dès le début du mois de juillet prochain, l’agriculteur aura de nouveau besoin de cet équipement pour son maïs irrigué, alors que les épisodes de fortes chaleurs pourraient se répéter. « Sans irrigation, demain, je n’aurai plus de quoi cultiver cette parcelle. Donc je devrai la mettre en jachère, ce qui est un risque pour les incendies, le gibier, et donc les agriculteurs alentours. Grâce à l’irrigation, on a un épi de maïs quasi classique. Sur les champs non irrigués, l’épi fait un tiers d’un classique. L’impact va de 50 à 80 % de moins sur les cultures sans irrigation ».
Malgré tout, l’agriculteur espère encore retrouver son matériel. « L’espoir, jusqu’à quand il va durer ? Au bout d’un moment, on va baisser les bras », termine-t-il. Mathieu Maronèse a déposé plainte auprès de la gendarmerie dès mercredi dernier. Pour l’heure, il n’a eu aucune nouvelle de son enrouleur.

















