Jean-Michel Suc, figure emblématique de la néphrologie à Toulouse, est décédé le 18 septembre. Pionnier dans le traitement des maladies rénales, il a introduit la biopsie rénale en France et développé la dialyse dès 1957. Fondateur du service de néphrologie du CHU de Toulouse, il a marqué la médecine par ses avancées et son engagement humaniste.
Figure connue du milieu hospitalier toulousain, Jean-Michel Suc nous a quittés le 18 septembre. Alors qu’au début des années 1950, les maladies du rein étaient mal connues et de pronostic redoutable, il a joué un rôle majeur dans le développement de la néphrologie, contribuant à de grandes avancées dans la connaissance, la compréhension et le traitement des maladies rénales. Jean-Michel Suc a ainsi développé la biopsie rénale qu’il fut le premier à réaliser en France et qui a permis de mieux connaître ces affections. L’insuffisance rénale était irréversible et dès 1957 il développa la dialyse à Toulouse.
Pour la faciliter, il a pu avec le professeur Jean Escat créer la première fistule artérioveineuse pour l’hémodialyse en France, avancée considérable pour la qualité de cette technique d’épuration extra-rénale et le confort des patients. Avec ses collaborateurs, il a mis en place le programme de transplantation d’organes avec la première transplantation rénale en 1969.
À l’origine de la création du service de néphrologie du CHU de Toulouse
Il a été également à l’origine de la création au CHU de Toulouse du service de néphrologie et de l’Unité de Transplantation d’Organes ; une structure unique en France qui aujourd’hui encore accueille en ce lieu l’ensemble des programmes de transplantations d’organes de notre région. Cette organisation particulièrement visionnaire pour son époque a contribué à faire de ce service l’un des plus grands services de néphrologie de France. À travers ses actions au sein de la Société Française de Néphrologie et la publication d’un très grand nombre de travaux scientifiques, le professeur Suc a participé au rayonnement de la néphrologie en France et à l’international.
Très attaché à la qualité de vie des patients, il a été l’un des fondateurs en Midi-Pyrénées de l’Association d’Aide aux Insuffisants Rénaux, pour la dialyse à domicile et hors centre hospitalier. Il a ensuite prolongé cette action dans une perspective humaniste à travers la conciliation et l’éthique hospitalière. Chantre de la transmission du savoir, il y a toujours associé son exigence et sa passion pour la médecine et cela auprès de très nombreuses générations d’étudiants en médecine, de médecins, de chercheurs… devenant un guide ; mais sans jamais oublier que la médecine, comme la néphrologie, devait être en permanence attentive au malade autant qu’à la maladie.
Comme vient de le souligner la Société Française de Néphrologie, après cinquante années passées à soigner et enseigner (1952-2002), le professeur Suc restera l’un des grands visages de la médecine de notre pays. Ses obsèques ont eu lieu vendredi 25 septembre à Saint-Geniès-Bellevue. À sa famille, à ses élèves et ses collaborateurs, la Dépêche du Midi présente ses plus sincères condoléances.













