Ce lundi , les réponses du gouvernement à la crise lycéenne n’ont pas convaincu les organisations lycéennes toulousains. L’USL en Haute-Garonne avance même que quasiment tous les lycées de Toulouse seront bloqués lundi 2 novembre, jour de la rentrée scolaire.
Les annonces du gouvernement à la crise lycéenne ne font pas du tout l’unanimité à Toulouse. La plateforme Parcoursup va notamment disparaître en 2028, le gouvernement va créer 15.000 places en plus dans l’enseignement supérieur et va instaurer un plafond de 28 élèves par classe en seconde. L’État mettra à disposition, au cours des quatre prochaines années, quatre milliards d’euros de prêts à taux réduit à destination des collectivités locales souhaitant engager des travaux dans les collèges et les lycées.
Des annonces jugées « inquiétantes » par l’USL
Baptiste Morel est en terminale au lycée des Arènes à Toulouse et membre de l’Union syndicale lycéenne. Il est remonté contre le gouvernement : « Ces annonces sont insuffisantes ou même parfois inquiétantes. On nous parle d’une réforme de Parcoursup avec des annonces d’emploi de l’Intelligence artificielle. C’est particulièrement inquiétant, utiliser ce type de procédé sachant qu’on en connait les dérives, qu’elles soient sexistes ou racistes, ça rend le processus de sélection encore plus obscur ».
Martin, en terminale au lycée Pierre de Fermat de Toulouse et membre de l’USL 31, est du même avis et annonce une poursuite du mouvement dès la rentrée scolaire de lundi. « Le mouvement ne s’arrêtera pas tant que l’argent n’arrivera pas dans les caisses des collectivités, que les professeurs ne soient embauchés et tant que les postes ne soient créés. Lundi, à Toulouse, 12 lycées publics sur 13 prévoient de bloquer et dans toute la région Occitanie ça se relance aussi », affirme le lycéen engagé.
Un débat sans vote sera organisé ce mercredi à l’Assemblée nationale sur « l’avenir du processus d’orientation » des lycéens, a indiqué le ministère.
« Débrouillez-vous » nous dit le gouvernement
L’État mettra à disposition, au cours des quatre prochaines années, quatre milliards d’euros de prêts à taux réduit à destination des collectivités locales souhaitant engager des travaux dans les collèges et les lycées. Les départements sont compétents pour les collèges, et les régions pour les lycées.
Kamel Chibli, vice-président à la région Occitanie en charge de l’éducation, estime que cette mesure revient à se débarrasser du problème. « Autant vous dire que c’est une annonce qui n’en n’est pas une. En gros, on nous dit ‘débrouillez-vous, on ne peut rien faire pour vous’, nous sommes très fortement impactés depuis quelques années par l’Etat, si on ne nous donne pas une aide significative pour révolutionner l’ensemble des bâtiments, ça ne marchera pas, on n’y arrivera pas », plaide l’élu socialiste interrogé par la rédaction d’ICI Hérault.
Le syndicat des proviseurs plus modéré
Yvon Manac’h est proviseur à Fonsorbes dans l’ouest toulousain et secrétaire académique du Syndicat national des Personnels de direction de l’Education nationale. Il estime que certaines mesures vont globalement dans le bon sens. « Réinjecter 1.300 postes pour le second degré, c’est plutôt une bonne nouvelle notamment en seconde pour limiter le nombre d’élèves à 28″, dit-il.
Yvon Manac’h salue aussi la création des 15.000 places dans l’enseignement supérieur : « Mais ce qui questionne c’est le choix des places en priorité en BTS et en IUT, ça concerne principalement des élèves de bacs professionnels et technologiques », regrette-t-il en précisant un paradoxe « il reste des places dans certains BTS, comme sur l’industriel ».
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555
















